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Eudes de Cahogne est de retour dans son pays natal après 5 ans passés en croisade. La mort de son père, le duc Hugues III, l'obligea à rentrer rapidement pour récupérer son héritage. Désormais, il est le nouveau maître du pays. La succession s'annonce pourtant compliquée : le duché est empêtré dans plusieurs affaires difficiles et l'administration est sous le contrôle des grands officiers corrompus. Parviendra t-il à rétablir l'ordre et à sauvegarder l'héritage de son père ? ► Guerre du Vaujour La guerre du Vaujour dure depuis 5 longues années. Alors qu'il pensait plier le conflit en quelques mois, Hugues III s'est vu opposer une farouche résistance qui l'obligea à mobiliser toutes ses forces sans parvenir à une victoire décisive. Tout commence en 1280, lorsque le duc achète la région du Vaujour à son voisin, le comte de Valais Etienne V de Landebroc,  pour 1 000 000 de livres. Le contrat stipule que la région entrera dans le patrimoine de la maison de Cahogne à la mort du comte, alors âgé et sans héritier mâle légitime. Mais lorsque la mort le prit, son fils bâtard, Robert, fût proclamé comte par les barons du Valais et contesta la suzeraineté du duc sur le Vaujour tout en refusant de rembourser la somme dépensée par celui-ci pour l'acquisition du domaine. Robert dénonça une malversation, le duc aurait profité de la faiblesse de son père pour lui soutirer le Vaujour pour une somme dérisoire. De plus, l'argent ayant été reçu et dépensé par son prédécesseur, Robert ne serait pas concerné par son remboursement. En 1294, le Valais et la Cahogne entrent en guerre. Hugues III rassemble une armée et envahi rapidement le Vaujour. Mais Robert peut compter sur le soutient des barons du Valais et de sa population qui en majorité refusent la suzeraineté du duc. Utilisant des techniques de guérilla alliées à sa grande connaissance du pays, le comte bâtard harcèle les troupes cahonnes tout en évitant une bataille rangée qu'il sait risquée. Peu à peu, la guerre s'enlisa. Incapable de mettre la main sur Robert et ne bénéficiant pas d'une assise populaire dans la région, Hugues III se rendit compte de la difficulté à contrôler ses conquêtes. Mais il ne se résigna pas pour autant et refusa tous les compromis proposés par Robert. Lors de la maladie du duc qui l'alita pendant trois longues années, la guerre stagna sans aucune évolution, chaque camps restant sur ses positions. Actuellement, le Vaujour est occupé par les mercenaires à la solde du duc alors que le comte Robert est retranché à l'Ouest, bien fortifié dans sa capitale de Vouziac. Jusqu'à aujourd'hui, la guerre aura vu la mort de nombre d'hommes, mais surtout, aura coûté des milliers de livres au duché, obligeant le duc à s'endetter abondement. ► Montée des Schismatiques En 1260, la croisade menée en Valentine pour y déloger les dangereux hérétiques Schismatiques aboutis à leur destruction. Seuls quelques rescapés ont réussi à fuir les bûchers et se sont dispersés dans l'Empire, beaucoup trouvant refuge en Cahogne. C'est ainsi que l'hérésie schismatique réapparut dans le Landeron. Subissant les persécutions du vicomte, ils furent accueilli dans le Porez par le comte de Trémanche Thomas d'Estaing qui leur offrit des places de sûreté. Le clergé de Cahogne est très inquiet par la réapparition de ces hérétiques qui risquent d'ébranler l'ordre social. On raconte que la propre mère du duc de Cahogne ne serait pas indifférente aux idées Schismatiques et qu'elle pourrait avoir une grande influence sur son fils. Si l'hérésie prend de l'ampleur, les Franges Orientales pourraient plonger dans un grave conflit religieux. ► Colonisation de la Transgarde En 1274 lorsque l'Empereur confit au duc Hugues II la suzeraineté sur la Marche-Franche, frontière naturelle à l'Est de l'Empire, la Cahogne se lance dans l'entreprise compliquée de coloniser l'espace au delà du fleuve de la Garde, alors peuplé de païens Dremmens. A l'origine, il s'agissait simplement de convertir les païens, mais l'échec des prédications conduisit à une intervention militaire. Puis on décida l'implantation de colons, réduisant au passage les Dremmens à la servitude. Persécutés, chassés de leurs villages, et obligés à se convertir sous la menace du bûcher, la colonisation commença dans le sang. Rapidement, les colons, d'abord enthousiastes par la perspective d'une vie nouvelle et des privilèges accordés aux nouveaux arrivants, s'aperçurent de la dureté de la vie en Transgarde, ce pays à moitié sauvage où tout est à construire. Beaucoup disparurent, épuisés, malades, assassiné par les raids des païens. En réponse à la conquête des Cahons, les Dremmens se sont organisés en créant la "Strelka", organisation chargée de repousser les envahisseurs infidèles en usant de tous les moyens : assassinas, sabotages, enlèvements... La résistance Dremmen obligea le duc Hugues III à octroyer à l'Ordre des Portes-Croix de grands privilèges en Transgarde et de nombreuses forteresses. Aujourd'hui, la Transgarde est sous le contrôle du Grand-Commandeur des Portes-Croix. La colonisation a reprit mais la résistance de la Strelka reste farouche. De plus, le roi d'Estovie Dragomir, dont le père s'est converti au triaphysisme, a revendiqué la suzeraineté sur la région en affirmant que tout territoire au delà de la Garde lui appartient. ► L'héritage du Porez Les relations entre le comte de Trémanche et le duc de Cahogne, rivaux historiques dans la région, se sont dégradées depuis la mort de Lothaire de Porez, cousin de Hugues III. Détenteur en apanage du comté de Porez, Lothaire meurt sans héritier mâle peu avant son cousin. Profitant de la maladie du duc, Thomas d'Estaing, s'empara de l'héritage de son épouse, Clotilde, fille unique de Lothaire, en envahissant le Porez, bafouant les lois féodales qui affirment que l'apanage aurait dû revenir au duc. Alité, Hugues III ne put défendre ses droits et ses grands officiers, désireux d'entretenir de bonnes relations avec le comte de Trémanche, laissèrent faire. Il reviendra donc à Eudes II de régler l'affaire qui met à mal l'hégémonie du duché dans les Franges Orientales.
La région des Franges Orientales est située à l'extrême Est de l'Empire. Traditionnellement, les Franges sont circonscrits par quatre frontières naturelles : les fleuves de l'Aune à l'Ouest et de la Garde à l'Est, au Nord la Mer d'Adrien et au Sud par les montagnes des Maurannes. Au centre du pays coule la Dreuge, le principale axe fluvial qui alimente la région. Au delà de la Garde, ce sont les pays sauvages Dremmens, peuple païen et barbare.
La région, autrefois appelée Cantabrie, était peuplée par les Mördwyms. Au IVème siècle, le dernier Haut-Roi Mördwyms se soumet à l'Ancien Empire et la Cantabrie devient une province impériale. L'héritage Mördwyms est encore très présent dans le paysage des Franges Orientales et dans les mentalités de ses habitants. De nombreuses ruines sont visibles, des tertres, tombeaux ou temples, notamment en Marche-Franche et dans le bois de Souaix dans les Landes occidentales. Au début du VIIème, la région, comme le reste de l'Ancien Empire, est envahie par les Manns. L'une des tribus fédérés, les Cahons, s'y installent et supplantent ou fusionnent avec les Mördwyms. Peu à peu, la tribu donnera son nom à la région, et on parlera alors de Cahogne. Au Xème, le Royaume Cahon sera conquit par Godfred le Grand et annexé au Nouvel Empire. L'invasion Norge sur les côtes Nord des Franges sera la dernière incursion étrangère à façonner le pays. Les Franges Orientales sont divisées en quatre régions : Les Landes occidentales et orientales, le Pays-Plat, les Maurannes et la Marche-Franche. A cela se rajoute la Transgarde, région colonisée au delà de la Garde, et l'île de Rascaille au large. ► Les Landes Les Landes constituent la terre intérieure des Franges Orientales. Elle se divisent en deux : les Landes orientales et les Landes occidentales. C'est dans cette région qu'est né le landique, la langue véhiculaire de l'Empire. Les Landes forment un pays au climat continental plutôt clément, avec des hivers parfois durs, mais des étés souvent chauds et secs. La majeur partie du paysage est recouverte de forêts de chênes, notamment le bois de Souaix dans le Porez célèbre pour ses nombreuses ruines Mördwyns, dont le tombeau de Béothas le Choisi, premier Haut-Roi de Cantabrie. Les Landes occidentales forment le coeur de la Cahogne. Son paysage illustre le pays pour les étrangers, avec ses célèbres châteaux érigés sur ses collines. La région est connue pour ses vignes dont le vin est exporté dans tout l'Empire, ce qui lui donne le surnom de "pays du vin". ► Le Pays-Plat Le Pays-Plat est la région Sud des Franges Orientales. Elle doit son nom à son relief faible et à son paysage de plaines. C'est un pays humide, aux fortes précipitations, aux hivers froids et aux étés doux. C'est une région riche, très urbanisée et reliée par un important réseau routier. L'industrie textile a fait sa richesse et sur les côtes se sont construites d'importantes cités marchandes dont Vaucouleur est la principale. Le Pays-Plat a subit les invasions vikings et a été une province du royaume de Tancardie pendant un moment. Bien que la colonisation viking ait été faible, la culture Norge a imprégné le pays. ► La Marche-Franche La Marche-Franche a longtemps constitué une frontière naturelle protégeant l'Empire des invasions de l'Est. Formée par une dépression géographique, le Nord de la Marche est fait de marécages insalubres, alors que le Sud est constitué du Massif des Aiguilles, zone montagneuse recouverte d'une épaisse forêt réputée hantée. La région est connue pour ses cultures de riz, ses tourbières et ses marais-salants. C'est une zone peu habitée et encore relativement sauvage. ► Les Maurannes Les Maurannes forment une région montagneuse à l'extrême Sud de la Cahogne. La chaîne elle même fait parti de la Cordillère, l'ensemble montagneux bordant tout le Sud de l'Empire de la Calave jusqu'aux pays Dremmens. C'est le pays des neiges éternelles et du froid intense. Les hivers y sont très durs, les étés frais et humides. Les montagnes culminent jusqu'à 2000m d'altitude, avec pour point culminant le mont Creuvin et ses 3200m de haut. Peu peuplé, la population vit surtout de la transhumance et de l'exploitation des mines d'argent. La région accueille tout de même quelques voyageurs, attirés par les sources chaudes célèbres pour leur vertus thérapeutiques. C'est aussi un point de passage pour rejoindre la Valentine au Sud. ► La Transgarde Région située en dehors des Franges Orientales, sur la rive droite de la Garde, fleuve marquant les limites de l'Empire. Récemment colonisée par les Cahons et dépendante du duché de Cahogne, la région est aujourd'hui plus proche des Franges que du royaume d'Estovie dont elle devrait dépendre. La Transgarde est encore une région très sauvage, faite de grandes forêts épaisses et de côtes insalubres. Le duc encourage les défrichements et l'établissement des colons. Soulans-la-Neuve, petite bourgade fondée par le duc Hugues III, est la capitale administrative de la sénéchaussée. La Transgarde est soumise à de graves difficultés, subissant régulièrement les attaques des païens autochtones qui refusent l'établissement d'étrangers sur leurs terres et l'arrivée de prédicateurs sensés les convertir. De plus, le roi d'Estovie revendique la suzeraineté sur la région. Sources images : F.C. Kiærskou
Construction de la principauté
Au début de l'an 1100, l'affaiblissement du pouvoir impérial dû au grand interrègne profite aux seigneurs locaux ambitieux. Descendant des comtes palatins des Franges Orientales, Raoul parvient à établir son autorité sur une partie de la Cahogne et prend le titre ducal. Son second fils, Raoul II, marié à la comtesse Hélène de Vassy, incorpore au domaine ducal les biens de son épouse : le comté de Vassy et ses baronnies dépendantes de Conday et de Bassel. D'abord union personnelle de territoires éparses, le duché deviendra un véritable état moderne avec un pouvoir central fort sous le règne de la duchesse Clotilde. Surtout, la duchesse dote son état d'une capitale, Soulans, en rachetant la ville et son domaine aux comtes de Valais. En adoptant son neveu Lothaire, Clotilde fait passer le duché sous l'autorité de la maison de Bohain, les comtes de Belfort. Ces derniers fusionnent leur patrimoine à celui du duché. Lothaire introduira le principe d'apanage : à sa mort il lègue à son fils puîné Raoul le comté de Porez qu'il inféode à son frère aîné. Hugues II fera de même avec le comté de Vaudrincourt donné à son fils Hubert. Hugues III poursuivra la tradition en léguant le comté d'Argentière à son deuxième fils. En 1249, l'Empereur lègue aux ducs ses droits sur la Marche Franche, région sauvage marquant la frontière naturelle à l'Est de l'Empire. Dès lors, les ducs entreprendrons la colonisation de la région au delà de la Garde sur les territoires Dremmens, en favorisant l'installation de population des Franges et la construction de nouvelles villes. Hugues III créera officiellement la Transgarde, comté sous son autorité directe, qui engendrera des conflits avec les chefs Dremmens, notamment le roi convertit d'Estovie qui réclamera la suzeraineté sur les colonies. Les ducsRaoul Ier (1099-1111)
Descendant des comtes palatins des Franges orientales, Raoul hérite des lambeaux de la puissance publique laissée à l'abandon par l'effacement du pouvoir central lors du Grand Interrègne. Il profite de la vacance du trône impérial pour usurper les prérogatives réservées à l'Empereur et s'octroi les droits sur la justice, les finances et l'armée, puis étend sa domination sur la région en se taillant une principauté incluant une bonne partie de la Cahogne : les Landes Palatines, le Porez, l'Aurèche, et un morceau de la Gévologne.   En l'An 1099, Raoul parvient à vaincre les Dremmens lors de leur raids annuels, leur imposant une trêve de 10 ans. La victoire du comte palatin l'auréole de prestige et assoie son autorité sur la noblesse du pays. Il se sent alors assez fort pour prendre le titre ducal et restaure ainsi le duché de Cahogne. Son autorité ne reposant sur aucune base légale, il passera la majeur partie de son règne à imposer son pouvoir par la force à ceux remettant en cause sa légitimité. Dès 1108, il associe au trône son fils aîné, Eudes, puis meurt en 1111. Homme exceptionnel dans une époque de grands troubles, Raoul posera les bases d'une principauté qui deviendra l'une des plus prospères de l'Empire. Le prestige du premier duc sera tel que certains prélats iront jusqu'à lui proposer la couronne impériale pour mettre fin au Grand Interrègne, mais lucide sur la tâche impossible à accomplir, Raoul refusera. ► Eudes (1111-1126)
S'il ne marque pas d'extension territoriale majeur, n'ajoutant que l'Argentois à l'héritage paternel, le règne de Eudes reste important pour la consolidation du pouvoir ducal. Héritier d'un domaine riche mais instable, c'est Eudes qui pacifiera la région en mettant au pas la petite noblesse locale, défaisant la fortune des puissantes lignées nobles de Cahogne en leur prenant leurs châteaux et leurs biens. Duc batailleur et querelleur, son règne est une succession de luttes féodales pour le contrôle des Landes occidentales afin d'y installer durablement l'autorité des ducs et de mettre fin aux brigandages des petits seigneurs locaux nés du chaos de l'interrègne. Seul tâche de ce règne exemplaire : la mort précoce du duc à la bataille de Salignac contre les Dremmens, et l'absence d'héritier légitime. ► Raoul II Beauclerc (1126-1144)
Frère cadet du duc Eudes, Raoul II hérite d'un duché pacifié. Loin du caractère belliqueux de son frère, Raoul sera un duc érudit qu'on surnommera le "premier troubadour" ou le "grand mécène". Il révolutionne la société en la faisant passer de l'oralité à l'écrit, fonde la culture courtoise et rassemble autour de lui une cour d'artistes, de poètes et de scientifiques, lançant ce qu'on appellera la renaissance raoulienne. Son ordonnance de 1135 abandonne la langue ancienne au profit du landique pour tous les textes administratif ; il promut ainsi la langue vulgaire qui se développe et s'épanoui à travers le notariat et la poésie. Raoul Beauclerc ne sera pas qu'un duc lettré, mais aussi un brillant chef militaire, remportant plusieurs victoires face aux Dremmens, ainsi qu'un talentueux administrateur. Il améliore l'administration en réformant le Conseil dont un notaire enregistre les décisions, et instaure les séances annuelles du Parlement pour juger les affaires du duché. Il mène une politique d'opposition à la théocratie de l'Archevêque, ce qui lui vaudra d'être excommunié, officiellement pour ses moeurs dissolues qui transparaissent dans sa poésie. L'intelligente politique matrimoniale de son père porte ses fruits sous le règne de Raoul II : son mariage avec la comtesse de Vassy permet d'introduire la maison de Cahogne dans le Pays-Plat et d'incorporer au domaine du duc les terres de la Maison de Vassy et ses seigneuries dépendantes de Bassel et de Conday. Plus important : alors que le Grand Interrègne prend fin, il parvient à faire reconnaître son titre de duc par le nouvel Empereur Lothar Magnus. Le recès du Sénat du 1er Quintembre (Juillet) 1142, officialise enfin le pouvoir détenue par les ducs sur les Franges Orientales. ► Saint Hugues le Martyr (1144-1154)
Fils de Raoul II et d'Isabelle de Vassy, Hugues est à son avènement le plus puissant seigneur féodal des Franges Orientales. Duc malavisé mais plein de bonté, le court règne d'Hugues Ier ne voit qu'un point positif : il parvient à faire épouser sa fille aînée Clotilde au fils de Lothar Magnus, le futur Empereur Lambert, marquant la reconnaissance de la maison de Cahogne et son entrée dans les hautes sphères impériales. Le reste du règne est plus obscur, marqué par des crises financières et des tensions sociales. En 1150, Hugues aliène tous ses biens pour partir en croisade après l'appel du Concile. Il restera quatre ans dans le Ponant avant d'y mourir à la bataille de Montjoie. Sa mort en fait un martyr de l'Eglise, mais c'est le miracle de ses ossements qui en fera un saint. Quelques temps après sa mort, un pêcheur retrouve sur une plage du Pays-Plat un squelette en armure de croisé portant le sceau ducal. Il ne fait alors aucun doute qu'il s'agit du duc Hugues que Dieu a autorisé à retourner chez lui. Sa fille, Clotilde, élèvera un temple à Soulans pour y garder les ossements, qui depuis ne cessent de prodiguer ses miracles à ceux qui viennent s'y recueillir. Hugues est canonisé par l'Archevêque en 1158. Son descendant, Hugues II, en fera le saint patron du duché. ► Clothilde l'Emperesse (1154-1191)
Sans héritier mâle, Hugues désigne dans son testament avant son départ en croisade sa fille aînée pour lui succéder, Clothilde. Tout juste veuve de l'Empereur Lambert, mort précocement de maladie après un règne de 2 ans, celle qu'on surnomme "l'Emperesse" parvient à s'imposer sur le trône en se faisant reconnaître par les Etats généraux. Grâce à une habile politique, elle parvient à sauver les biens ducaux mis en gage par son père pour partir en croisade. Le règne de la duchesse Clothilde la Chaste marque un pivot dans l'histoire du duché, non seulement parce qu'elle fait le lien entre la première maison de Cahogne et la maison de Bohain, mais aussi parce qu'elle va moderniser considérablement l'administration ducale. Profitant de son expérience acquise à la cour impériale, Clothilde réformera la cour ducale en créant les bureaux (chancellerie, surintendance et connétablie), en mettant en place les baillis, puis en développant le Parlement. Au cour de son règne, l'union personnelle formée par le duché de Cahogne et le comté de Vassy devient un vrai état unifié avec un pouvoir central fort. Surtout, en rachetant les droits de la maison de Valais sur la ville de Soulans, elle dote le duché d'une capitale, mettant fin à l'itinérance de la cour. Une grande partie de son règne sera consacrée au développement de cette ville qui finira par rivaliser avec les plus grandes cités de l'Empire. Elle sédentarise les institutions ducales dans un grand palais qu'elle fait construire, puis fonde une nécropole ducale pour accueillir le reste de ses ancêtres, notamment les reliques de son père tout juste canonisé. Sous l'Emperesse, le duché de Cahogne connaîtra un age d'or, de paix et de prospérité. ► Lothaire le Jeune (1191-1233)
Sans enfants de l'Empereur, Clothilde refusera obstinément de se remarier, un choix pieux pour certains, politique pour d'autres. Ainsi, à la veille de sa mort, l'Emperesse choisira d'adopter son neveu, Lothaire, plus jeune fils de sa soeur Berthe, alors mariée au comte de Belfort, Lothaire de Bohain. Après avoir écarté ses frères de la succession et les autres prétendants, puis s'être fait reconnaître par les Etats généraux, Lothaire devient l'héritier du duché de Cahogne et du comté de Belfort, ajoutant au patrimoine ducal les domaines de sa famille paternelle, unifiant pour la première fois les territoires des Landes et du Pays-Plat. La montée sur le trône ducal de la famille des Bohain, d'origine platoise, permet d'apaiser les velléités indépendantistes des cités du Pays-Plat, qui jusque là refusaient le suzerain Landais qu'elles jugeaient étranger et illégitime. Sous Lothaire s'opère un rapprochement de la noblesse du Pays-Plat et des Landes, et l'entrée au conseil de plusieurs platois, chose encore rare à l'époque. La puissance du duc de Cahogne lui permet de revendiquer le titre de Prince-Electeur de l'Empire, ce que lui octroi le recès du Sénat du 24 Septembre 1212. A sa mort, Lothaire inaugure une nouveauté en introduisant le système de l'apanage : dans son testament, il lègue le duché à son aîné, Hugues, mais confie le comté de Porez à son second fils, Raoul, tout en l'inféodant à son frère. ► Hugues II le Magnifique (1233-1274)
A Lothaire succède son fils, Hugues II. Arrivé au pouvoir à l'age de 21 ans, Hugues est déjà bien aguerri par son association au trône que son père voulu dès ses 16 ans. Son règne coïncide avec la période du Petit Interrègne, où le trône impérial reste vacant pendant 10 ans. Hugues se lance alors dans la course au trône, bataillant pendant des mois pour convaincre les électeurs, à coup d'ambassades et de négociations, mais surtout de précieux cadeaux qui mirent à mal les finances ducales. Malgré tous ses efforts, les électeurs lui préféreront le calave Manoel Prado. Pour le dédommager et se le concilier, le nouvel Empereur lui abandonnera ses droits sur la Marche-Franche puis la suzeraineté sur les terres à conquérir à l'Est. Déçu par son aventure impériale, Hugues se concentre ensuite sur son domaine et son développement. Il se lance alors dans de grandes réformes qui font transformer peu à peu la monarchie féodale en monarchie administrative, faisant de la petite noblesse des agents ducaux dépendants de ses rentes. Il abolie les droits seigneuriaux (droits de ban) et le service militaire, et remplace le tout par la capitation, un impôt général par tête dont le montant est décidé par les Etats généraux, ce qui a pour effet de renforcer l'importance de l'assemblée. Ces nouvelles mesures rend nécessaire un grand recensement de la population et de leurs biens, ce que font les censeurs ducaux pendant 2 ans. Avec la fin du service militaire apparaît une armée de métier permanente qui met fin à la dépendance des grands barons qui composaient l'armée féodale. Sous son règne, le Parlement se peuple de légiste, des professionnels de la justice, et les maîtres des requêtes sont créés. Il fonde des ateliers monétaires dans tout le pays et instaure la livre soulanaise, durci les lois contre les faux monnayeurs, puis s'intéresse de près à l'industrie textile du Pays-Plat qu'il dynamise par plusieurs mesures avantageuses. Il tente d'introduire l'industrie dans la Marche-Franche mais son initiative est peu suivie, et commence la colonisation de la Transgarde après son intervention pour protéger les prédicateurs triaphysites des païens Dremmens. Sa politique l'oppose rapidement à la République de Vaucouleur. En 1260, pour protéger les intérêts des marchands cahons, Hugues place ses troupes sous les murs de la grande cité marchande et en fait le siège pendant 9 mois. Il échoue à prendre la ville, mais accepte la signature d'un traité de paix avantageux pour le commence du duché. Le règne de Hugues II est aussi marqué par un regain de tension avec la maison d'Estaing : la présence de colons cahons au delà de la Garde crée un conflit de juridiction entre le duc et le récent roi d'Estovie converti Bogdanil qui revendique la suzeraineté sur la région ; celui-ci, allié aux comtes de Trémanche, recherche leur appui pour faire valoir ses droits. Sentant le besoin de se trouver des alliés dans les Franges Oriantales, Hugues se rapprochera de son voisin, le vicomte du Landéron en mariant son fils, le futur Hugues III, à la fille du vicomte, Constance d'Espérac. Hugues s'éteint à 62 ans de mort naturelle. Dans son testament, il décide de poursuivre le système d'apanage introduit par son père en 1233 : si le duché échu à Hugues III, fils aîné du duc, son fils cadet, Hubert, reçoit la baronnie de Vaudrincourt qu'il élève au rang de comté. Il laissera le souvenir d'un souverain avisé et habile qui modifia profondément les duchés par de grandes réformes fiscales, militaires et judiciaires. Son intelligence est toujours louée aujourd'hui par la propagation de ses "bons mots", traits d'esprit révélant l'humour et la subtilité du duc. Par contraste avec le règne suivant, l'époque de Hugues II sera vu comme un âge d'or, une période de prospérité et d'essor commercial. Plusieurs surnom lui seront accordé : Hugues le Réformateur, pour toutes ses réformes ; Hugues le Pieux pour sa passion des lieux de cultes et ses nombreux achats de reliques ; mais il restera à la postérité sous le surnom d'Hugues le Magnifique, pour sa prestance, sa beauté et son sens de l'opulence. ► Hugues III le Bâtisseur (1274-1299)
Hugues III hérite d'un duché stable et puissant mais fortement handicapé par ses finances alourdies par le poids des emprunts contractés par son prédécesseur afin de mener sa politique faste et ses grands projets. Mais malgré cela, Hugues III, désireux de poursuivre les entreprises débutées par son père, ne fera qu'accentuer les problèmes fiscaux en ne réglant rien. Trois grands événements vont occuper les 25 ans de règne de Hugues : la poursuite de la colonisation de la Transgarde, la guerre du Vaujour et la révolte de Soulans. Dès sa prise de pouvoir, Hugues tentera de relancer la colonisation au delà de la Garde en octroyant de nouveaux privilèges aux colons et en investissant beaucoup d'argent. Le renouveau de la présence cahonne sur les terres Dremmens réveillera l'hostilité des païens et le duc sera confronter une nouvelle fois à leur forte résistance à l'occupation. Toujours plus coûteuse et très peu rentable, Hugues III finira par confier la défense de la Transgarde à l'Ordre des chevaliers Portes-Croix à qui il concède terres, forteresses et privilèges. La sortie des forces ducales de la Transgarde permettront aux finances de respirer, mais au profit d'une nouvelle force politico-religieuse, l'Ordre prenant beaucoup d'importance dans les Franges Orientales. En 1280, Hugues négocie avec son voisin le comte de Valais Etienne V l'achat du Vaujour, région frontalière qui permettrait aux possessions du duc au Pays-Plat et dans les Landes d'être réunies un peu plus fermement. Hugues monte un projet financier établi sur des prêts, la vente d'offices et de rentes, ainsi qu'une augmentation de la capitation, afin de réunir les 1 millions de livres demandées par le comte. Le traité est finalement signé avec les conditions suivantes : à la mort du comte, vieillissant et sans héritier mâle légitime, Hugues obtiendrait la pleine souveraineté sur le Vaujour et les villes de Noyer-le-Grand et de Raveaux. Hugues devra attendre 14 ans avant qu'Etienne ne meurt. Hélas, les barons du Valais désigneront Robert, fils bâtard d'Etienne, pour lui succéder. Celui-ci, désireux de récupérer l'ensemble de l'héritage de son père, refusera d'abandonner le Vaujour au duc. Hugues sera alors obligé de lever son armée afin de défendre ses droits sur la région. Pensant à une victoire rapide, la forte résistance de la population locale, toute acquise au nouveau comte, l'obligera à faire le siège des places fortes pendant plusieurs mois tout en subissant le harcèlement des troupes de Robert. La chute de Noyer-le-Grand, suivi de Raveaux, marquera les premiers et seuls succès du duc. Malgré la victoire sur les deux grandes cités, la région restera turbulente, le peuple refusant la suzeraineté du duc. De plus, en ne réussissant pas à mettre la main sur Robert, aucune paix ne sera possible. En s'enlisant ainsi, la guerre deviendra un véritable gouffre financier, avalant toutes les ressources du duché pour aucun résultat, ce qui aura pour effet de rendre le duc très impopulaire. Ses entreprises demandant toujours plus d'argent frais, Hugues convoque en 1296 les états généraux dans l'idée d'augmenter encore un peu plus la capitation. La chambre des nobles et du clergé l'acceptent, ce qui suffit à voter le décret. Mais c'est la goutte d'eau pour un peuple déjà bien grévé par les impôts. La colère gronde dans les rues de Soulans, puis l'insurrection éclate lors d'un échauffourée entre des mécontents et des gardes ducaux. Dépassé par les événements, l'insurrection dégénère en véritable révolution, forçant les gardes à se replier avec le duc dans le palais royal. Hugues restera ainsi assiégé pendant de longs mois avant que l'armée ducal n'intervienne, conduite par le connétable Mauger "Bel-Epée" de Tancarvelles. En entrant dans la capitale après un assaut rapide sur les défenseurs sans expérience, les soldats commettent de terribles exactions, massacrant les insurgés et brûlant une partie de la cité. Malgré la victoire militaire du duc dont les forces écrasent les rebelles, Hugues dû concéder des droits et des privilèges au peuple de Soulans afin de rétablir l'ordre dans sa capitale. Ainsi, il octroya une charte de franchise et le droit à la ville de désigner ses représentants en leur accordant la prévôté. Puis il leur donna le droit de se défendre eux même, interdisant désormais à l'armée ducale d'entrer dans la ville. Mauger de Tancarvelles fût démit de son office de connétable, faible compensation pour le massacre perpétué sous ses ordres. La révolte de Soulans sera vu finalement comme une défaite du duc, ce qui mettra un coup à son prestige. De plus, la réclusion forcée du duc dans son palais mina sa santé, au point qu'il tombera gravement malade dans l'année. Alité, et en l'absence de son fils héritier parti en croisade, la réalité du pouvoir échappera peu à peu au duc au profit de ses grands conseillers : le chancelier Espien de Raysac, le surintendant Charles Daguerre, et le nouveau connétable Charles d'Annequin. Pendant 3 ans, le duc n'apparaîtra plus que rarement en public. De nombreuse rumeurs courts alors sur sa santé et sa supposé folie. Le duc finit par expirer en début d'année 1299, forçant son fils Eudes à revenir de croisade. Hugues III laisse le souvenir d'un homme élégant et courtois, très charmant avec les femmes mais manquant d'autorité avec les hommes. Ses déboires dans le Vaujour le feront passer pour un incapable et un piètre militaire. Pourtant, Hugues est loin d'avoir démérité, compte tenu de ses problèmes financiers. Passionné d'architecture, Hugues se lance tout au long de son règne dans de grandes entreprises de construction et de rénovation qui vont peser sur les finances ducales. Il commence par rénover le palais de Soulans qu'il garnit de meuble luxueux, puis réorgranise l'ordre des tombes dans la chapelle ducale du Sanctuaire. La Transgarde, où tout est à faire, devient son terrain de jeu favori, même s'il n'ira jamais y mettre les pieds. Il dessine lui même les plans de Soulans-la-Neuve et s'investira personnellement dans sa construction. Le nombre impressionnant de ses constructions et rénovations lui laisseront le surnom de "bâtisseur".   ► Eudes II d'Outremer (1299-XXXX)
Fils d'Hugues III et de Constance d'Espérac, Eudes grandit à Soulans. En 1294, alors âgé de seulement 17 ans, il décide de suivre l'exemple de son saint aïeul et prend la croix. Il s'embarque pour les états croisés et ne rentrera que 5 ans plus, après l'annonce de la mort de son père. Chronologie1099 : Fondation du duché par Raoul Ier après sa victoire sur les Dremmens. • 1111 : Mort de Raoul Ier. Son fils Eudes monte sur le trône. • 1126 : Mort d'Eudes Ier à la bataille de Salignac contre les Dremmens. Son frère Raoul monte sur le trône. • 1142 : Le recès du Sénat du 1er Quintobre reconnaît officiellement le titre ducal de Raoul II. • 1144 : Mort de Raoul II. Son fils Hugues monte sur le trône. • 1149 : Mariage de Clotilde, fille de Hugues Ier, avec le fils de l'Empereur, Lambert. • 1150 : Hugues Ier part en croisade dans le Ponant. • 1152 : Décès de l'Empereur Lambert. Clotilde devient veuve. • 1154 : Mort d'Hugues Ier en croisade à la bataille de Montjoie contre les Sanlars. Peu de temps après le Parlement accorde la succession à Clotilde. • 1158 : Canonisation d'Hugues Ier, qui devient saint Hugues le Martyr. • 1160 : Réforme de l'administration du duché avec la création des trois bureaux. • 1169 : Achat de Soulans aux comtes de Valais. La ville devient la capitale officielle du duché. • 1189 : Clotilde adopte son neveu Lothaire et en fait son héritier. • 1191 : Mort de Clotilde. Lothaire de Bohain monte sur le trône. • 1212 : Le recès du Sénat du 24 Septembre accorde au duc de Cahogne le titre de prince-électeur. • 1233 : Mort de Lothaire. Son fils Hugues monte sur le trône. Création du comté de Porez, apanage confié à Raoul, fils puîné de Lothaire. • 1241 : Création de la Livre soulanaise. • 1249 : Echec de Hugues II à l'élection impériale. L'Empereur confit au duc la Marche-Franche et la suzeraineté sur les terres à conquérir au delà de la Garde. • 1274 : Mort de Hugues II. Son fils Hugues monte sur le trône. Création du comté de Vaudrincourt, confié en apanage à Hubert, second fils de Hugues II. • 1276 : Fondation de Soulans-la-Neuve en Transgarde. • 1280 : Achat du Vaujour au comte de Valais Etienne V. • 1294 : Départ en croisade de Eudes, héritier du duché de Cahogne et futur Eudes II. Début de la guerre du Vaujour. • 1296 : Insurrection de Soulans. Massacre de la population par l'armée ducale. Malgré la victoire du duc, Hugues III accorde une charte de franchise aux citoyens de la capitale. Début de la maladie du duc qui l'alite. Ses conseillers investissent la réalité du pouvoir et règnent à sa place. • 1299 : Mort de Hugues III. Son fils Eudes est rappelé du Ponant pour hériter du duché de Cahogne.
Le duc
Le duc est le monarque du duché de Cahogne. En théorie vassal de l'Empereur et soumis au temporel à l'autorité impériale, il est dans les faits le véritable souverain de son domaine et règne sur son pays comme un roi. Sa légitimité à régner lui vient de la continuité dynastique qui remonte par la lignée maternelle à Raoul Ier, comte palatin puis duc de Cahogne. Son sacre par l'Archevêque de Vendaume, Primat des Franges Orientales, lui confère un caractère sacré : oint par la sainte chrême, il est choisi par l'Eglise et donc par Dieu. Le duc n'est d'ailleurs officiellement en place qu'après son sacre et doit donc dans les faits obtenir l'approbation de l'Eglise pour régner. La principale fonction du duc est la protection de l'Eglise et de l'orthodoxie religieuse, le maintien de la paix et de l'ordre dans son pays, et la protection de la frontière orientale de l'Empire. Pouvoirs Le duc possède la pleine autorité sur la justice, les finances, le commerce, l'armée et la diplomatie. Il agit en souverain quasi absolu mais doit composer avec les résistances à son autorité : l'Eglise, les communes et la noblesse, tous représentés aux Etats Généraux, l'organe d'approbation de la politique ducale. - Nomme les grands officiers ducaux ; - convoque les Etats-Généraux ; - juge en appel les affaires du duché ; - il est le seul à pouvoir anoblir, contrôlant ainsi la noblesse du duché ; - ordonne la guerre et à la paix ; - commande à la diplomatie et est le seul habilité à signer les traités ; - peut gracier tous les condamner à mort. ► Le Parlement Le Parlement est une cour de justice issue du Grand Conseil du duc à l'origine composée des barons et prélats du duché. A partir du règne de Hugues II, les nobles et les clercs vont peu à peu laissés place à une assemblée de professionnels de la loi appelés légistes. Le Parlement exerce la justice retenue, c'est à dire les causes retenues par le duc. Il juge en appel les affaires civiles et criminelles, pouvant aussi statuer en première instance pour les affaires concernant la noblesse, notamment les vassaux directs du duc. Ses décisions font jurisprudence pour toutes les cours inférieures (celles des sénéchaussées et bailliages). En plus de son rôle judiciaire, le Parlement occupe aussi un rôle législatif en enregistrant les actes ducaux et en contrôlant leur légalité. L'enregistrement des actes ducaux par le Parlement est nécessaire pour les rendre publics et applicables. Le Parlement possède ainsi un droit de remontrance s'il estime qu'un acte n'est pas en encore avec le bien public ou les lois fondamentales du duché. Le Parlement est aussi une cour des comptes chargée du contrôle des finances ducales. Une fois par an, elle auditionne le personnel chargé de la gestion du domaine et juge les comptes qui lui sont remis. La chambre s'assure de la conservation du domaine et de la régularité des finances. Le Parlement détient ses pouvoirs du duc par délégation. Ainsi, le duc est libre de retirer toutes affaires au Parlement pour en juger de lui-même ou bien renvoyer l'affaire devant le Parlement pour qu'elle soit rejugée. Il peut aussi modifier une décision et gracier les condamnés à mort ou commuer leur peine en exil. D'abord itinérant, le Parlement siège ensuite à Soulans au palais ducal. Lothaire établi avec les sessions quotidiennes sous la direction d'un président. Le Parlement se retrouve divisé en trois chambres : la chambre des requêtes, la chambre des enquêtes et la Grand'Chambre. La chambre des requêtes étudie la recevabilité des appels et jugent certaines d'entre elles. La chambre des enquêtes est chargée des enquêtes judiciaires pour instruire les affaires. Enfin, la Grand'Chambre, cœur du Parlement, juge toutes les affaires qui lui sont soumises. Les sessions du Parlement accueillent jusqu'à 100 magistrats, en plus des prélats et des grands barons qui peuvent y assister. Il est de plus en plus rare que le duc assiste aux séances du Parlement, mais un procureur ducal le représente, chargé de défendre ses intérêts. ► Les états généraux
C'est lors de la croisade d'Hugues Ier en 1150, que les états généraux furent réunis pour la première fois, rassemblant les 3 ordres du duché. Ils accordèrent les subsides au duc pour son expédition. L'assemblée prit ensuite de l'importance à la mort du duc : c'est grâce aux états généraux que Clothilde accéda au pouvoir en 1154 puis c'est toujours les états généraux qui ratifièrent l'adoption de Lothaire par la duchesse, décidant ainsi de l'héritier du duché. A partir de 1191, les ducs prendront l'habitude de convoquer de plus en plus les états pour légitimer leurs décisions. Aujourd'hui, les états généraux occupent plusieurs fonctions. C'est une cour de justice suprême, jugeant en dernière instance les affaires sur décision du duc. C'est aussi devenu un organe de conseil et d'arbitrage des crises politiques, devenant la seule institution habilitée à statuer sur les grandes réformes et les questions dynastiques. Mais la principale fonction des états généraux est d'ordre fiscale : ils examinent, accordent, refusent ou amendent les demandes d'impôts extraordinaires du duc, et organisent leurs répartitions. En théorie, les états ne sont qu'une assemblée consultative et le duc n'est en rien obligé de suivre leur avis (notamment en matière de justice). Mais dans les faits, il serait mal avisé pour lui de ne pas suivre la décision de l'assemblée. Les états généraux se rassemblent sur ordre du duc dans un endroit donné. Ils se divisent en 3 chambres : la Chambre du Clergé, la Chambre de la Noblesse et la Chambre du Tiers (regroupant les bourgeois). La Chambre du Clergé regroupe les grands prélats du duché ainsi que plusieurs abbés, prieurs et doyens des chapitres cathédraux ; il est présidé par l'évêque de Soulans qui préside aussi l'ensemble des états, organise les séances et les débats. Pour être membre de la Chambre des Nobles, il faut être noble depuis 4 générations et posséder un fief dans le duché ; il est présidé par un chevalier élu par ses pairs. La Chambre du Tiers est composée d'élus des grandes villes du duché et est présidé par le prévôt de Soulans. Les états délibèrent séparément en chambres, sans le duc ou ses représentants. Après avoir discutés des affaires et reçues en ambassade les députés des différentes chambres pour obtenir un accord, les trois chambres se réunissent pour donner leur avis. Pour ratifier une décision il faut l'accord d'au moins 2 chambres et si tel est le cas il y a alors "décret". ► Les 3 bureaux Influencée par son expérience à la cour impériale, la duchesse Clotilde réforme celle du duché et crée les 3 bureaux (ou les 3 grandes offices) destinés à administrer l'ensemble de la principauté : la chancellerie, devant gérer la correspondance, la diplomatie et la justice ; la surintendance, pour la gestion des finances, du commerce et de la production ; la connétablie, travaillant aux affaires militaires et à l'armée. A cela se rajoute un quatrième bureau officieux, le bureau secret, chargé de l'espionnage et du renseignement. Chaque bureau a à sa tête un grand officier choisi par le duc, contrôlant une horde d'officiers ordinaires (les notaires, les légistes, les copistes, les secrétaires...etc.). Généralement, ces grands officiers font de facto parti du Petit Conseil qui assiste le duc. La chancellerie Le chancelier est le secrétaire du duc, le gardien du sceau ducal et le rédacteur des actes ducaux (édits et ordonnances). Sa signature vaut celle du duc. Il est à la tête d'une armée de notaires et de messagers formant la chancellerie, qui rédigent les actes et s'appliquent à la correspondance du duc. Le chancelier gère aussi la diplomatie et organise les ambassades. Il est aussi à la tête de la justice ducale. C'est le second personnage du duché, qui remplace le duc en cas d'absence ou de vacance. La surintendance Le surintendant est le responsable de l'administration des finances du duché. Il gère les recettes et les dépenses de la couronne, supervise les paiements, établit les budgets, contrôle la bonne exploitation du domaine et à la charge de trouver des fonds, notamment par des prêts. Il a aussi un rôle judiciaire en arbitrant les contentieux fiscaux. Lorsque le Parlement autorise la levée d'un impôt extraordinaire, le surintendant est chargé de sa répartition équitable entre les régions et de sa bonne levée. Il coordonne le commerce et surveille les prix. La connétablie Le connétable est le "chef souverain des armées", chargé du commandement de l'ost. La connétablie est l'une des plus hautes dignités du duché. En temps de guerre, il est le chef de l'état major, chargé de mener l'armée à la bataille. En temps de paix, le connétable doit veiller à l'entretien des troupes et à l'intendance des écuries ducales. Il chevauche dans le duché pour les montres et les revues. Il préside aussi au tribunal militaire. Le connétable nomme les maréchaux, ses assistants à qui il délègue ses pouvoirs. Le bureau secret A cela se rajoute un secrétariat officieux, chargé du renseignement et des actions clandestines : le bureau secret. A la tête d'un réseau de renseignement, le maître espion reçoit les nouvelles provenant de toutes les cours de l'Empire et délivre les ordres secrets. Il organise les entrevus secrètes, les complots, les enlèvements, les assassinats...etc. ► Les sénéchaux Actuellement, le domaine ducal est divisé en 5 sénéchaussées : Vassy, Belfort, Vézier, la Transgarde et la Marche-Franche. Chaque province dispose d'un chef-lieu où réside le sénéchal et son administration, constituant un relais du pouvoir central, l'intermédiaire entre le peuple et son suzerain. Lorsqu'un sujet, noble, bourgeois ou paysan veut faire appel à la justice du duc, il voyage jusqu'au chef-lieu de la sénéchaussée pour y rencontrer le sénéchal qui s'adressera ensuite au Parlement. Les sénéchaux sont des hauts fonctionnaires à qui le duc délègue la gestion d'une partie de son domaine. Ils sont nommés et révoqués au bon vouloir de l'administration et sont responsables devant le Parlement. Ils ont pour mission de gérer le patrimoine du duc dans ses provinces et de le représenter (pour recevoir les hommages notamment), de superviser l'exploitation des terres, de maintenir l'ordre et la paix, d'entretenir l'armée, de lever les impôts, de rendre la justice au nom du duc et de transmettre ses ordres, les ordonnances et les édits. Pour cela, le sénéchal s'entoure d'une cour, avec un receveur pour les finances, un lieutenant pour l'armée. Il nomme et contrôle les prévôts à qui il délègue localement une partie de ses pouvoirs. Le sénéchal est maître des impôts sur le domaine qu'il contrôle, il en tire son salaire et de quoi remplir sa tâche, en plus de ce que lui demande le duc. Les sénéchaux sont donc des personnages très importants et très puissants avec de grands pouvoirs et de grandes responsabilités. Ils sont l'égal de grands princes territoriaux, à la différence que leur charge n'est ni viagère ni héréditaire (bien que dans les faits il arrive parfois qu'une dynastie s'installe durablement à la tête d'une sénéchaussée). Du fait de la distances et de la lenteur de l'administration, les sénéchaux sont souvent très autonomes et ne subissent le contrôle du Parlement qu'une fois par an. Leurs décisions ne peuvent être cassées que par le Parlement ou le duc si le condamné fait appel de son procès. Certains sénéchaux se comportent ainsi comme de véritable princes indépendants, parfois même comme des tyrans qui dépassent leurs prérogatives en s'adjugeant les pouvoirs réservés au duc.
Organisation sociale La société est divisée traditionnellement en 3 : Ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent, c'est à dire le clergé, la noblesse et le reste (paysans, marchands, artisans). ► Les Clercs
Le clerc s'oppose au laïc. Il est celui qui étudie la théologie pour intégrer le clergé après la cérémonie de la tonsure*. Les clercs ont pour fonction d'assurer les services du culte, d'administrer les sacrements, d'enseigner les textes sacrés, de surveiller la conduite des fidèles et de maintenir la paix. Il leur est interdit de verser le sang, de se battre et de mener la guerre, de se marier et d'avoir des enfants. Ils sont exemptés d'impôts et de corvées, et ne peuvent être jugé que par un tribunal ecclésiastique. Certains clercs s'écartent de leur simple fonction ecclésiastique : ils peuvent rendre justice sur les domaines qu'ils contrôlent, assumer des fonctions politiques, enseigner dans les universités et s'investir dans des offices seigneuriales et royales en occupant des postes auprès des monarques (chancelier, intendant, chapelain...etc.). Les clercs peuvent avoir accès au sacerdoce* ministériel. Il existe 3 degrés de sacrements successifs : épiscopat (évêque), presbytérat (prêtres) et diaconat (diacre), chacun donné par un évêque (ou archevêque), auquel se rajoute les ordres mineurs. Mais d'autres préfèrent se reclure dans un monastère ou alors vivre en ermite. Certains nobles s'engagent dans les ordres militaires et deviennent des moines combattants. Ces derniers disposent d'une dérogation spéciale qui leur permet de se battre, notamment contre les infidèles et les hérétiques. ► Les Nobles
La Noblesse forme la caste militaire, chargée de combattre et protéger les autres. C'est la pierre angulaire de la société féodale, toutes les familles nobles sont liées entre elle par des liens de vassalité et de mariage, construisant une hiérarchie complexe allant du simple chevalier jusqu'à l'Empereur. C'est une caste très fermée, l'anoblissement est un processus sur le long terme : après plusieurs générations au service d'un seigneur, une famille peut être anoblie. Dans de rares cas, il peut se faire rapidement, après avoir rendu un grand service à la couronne ou suite à l'accès d'un titre de noblesse, par héritage ou par achat. La hiérarchie de la noblesse est très complexe et se base sur plusieurs éléments : les origines, l'ancienneté, les titres, la fortune, les alliances, les exploits, les services...etc. La longévité de la famille est le premier critère de dignité, les maisons les plus anciennes sont souvent les plus prestigieuses. Toutefois, la noblesse se caractérise avant tout par son mode de vie rendu possible grâce à sa fortune. Mais tous les nobles ne peuvent prétendre à la possession d'un château et beaucoup restent de simples chevaliers sans fortune. Ainsi, les titres fonciers et la richesse sont des critères concrets de noblesse, plus que le temps. Les nobles ont la guerre pour seul métier. Au risque d'être privé de leur noblesse, le principe de dérogeance* leur interdit d'exercer un autre métier qui serait incompatible avec leur état. Ainsi, les nobles ont l'interdiction d'exploiter leur domaine autre que pour leur besoin personnel (la réserve seigneuriale) et doivent concéder la terre sous forme de censive pour que des roturiers la cultivent. Ces derniers vivent de leur travail et de ce qu'ils produisent contrairement aux nobles qui vivent de revenus fiscaux provenant des droits seigneuriaux. Toutes activités lucratives sont interdites aux nobles, comme celle de fermier, de marchands, de médecin, de cuisinier...etc. Seuls les offices ducaux supérieurs ne sont pas dérogeantes. La noblesse perdue par dérogeance peut être récupérer par lettre patente de réhabilitation. L'Empereur est le premier des nobles, au sommet de la pyramide féodale, puis viennent les grands princes territoriaux que sont les ducs et les comtes, suivis des seigneurs châtelains et pour finir les chevaliers. Dans la tradition féodale, un titre de duc est plus prestigieux que celui de comte, même si dans les faits un duc n'a pas plus de pouvoir qu'un comte. Un chevalier est appelé hobereau ou gentilhomme, auquel on donne le qualificatif de "messire" ou "sieur". Un grand prince est désigné sous le terme de "monseigneur", alors que le qualificatif de "majesté" est réservé à l'Empereur seul. En Cahogne, seul le duc a le pouvoir d'anoblir, ce qui lui permet de contrôler la noblesse de son pays. Après l'échec de Raoul Ier à mobiliser la grande noblesse des Franges Orientales sous son autorité, les ducs se sont constitués un entourage d'ecclésiastiques et de fidèles recrutés au sein des familles nobles de leur domaine. Ces familles, possédant en fief des terres au sein du duché, rivalisent pour l'obtention des offices ducaux qui leur procurent prestige, profit et influence. Pour eux, le service du duc est devenu une tradition et la source de leur fortune. Ces lignages proviennent des dynasties de seigneurs chatelains installées sur les terres de la Cahogne depuis plusieurs générations. Actuellement, trois lignages dominent la cour ducale : les Annequins, les Saint-Saëns et les Tancarvelles. Ces trois familles se partagent les offices ducaux : Charles d'Annequin occupe le poste de connétable, Mauger de Tancarvelles celui de maréchal et Cécil de Saint-Saëns est officieusement à la tête du bureau secret. Ces familles forment un cercle homogène, vivant en familiarité avec le duc, et se retrouvent souvent au Parlement et dans les conseils. La majorité de l'année, ils habitent Soulans dans leurs luxueux hôtels particuliers pour être proche de la cour ducale et laissent la gestion de leur domaine à des intendants qui règnent en maître sur les paysans. Lors des campagnes militaires ils accompagnent le duc à la guerre. La vie autour du duc a aidé les rapprochement matrimoniaux et les grandes familles du duché ont prit l'habitude de se marier entre eux. ► Le reste Le troisième ordre désigne tous ceux qui ne sont ni nobles ni clercs, ce qui donne un groupe très hétérogène qui ne correspond à aucune cohérence sociale. Dans les villes, on retrouve beaucoup de marchands qui commercent dans tout le pays et ailleurs, des artisans qui s'occupent de transformer les matières premières (forgerons, bouchers, cordonniers, tailleurs...etc.) et des professions libres, comme médecin, banquier ou notaire. On y retrouve aussi des mendiants et des marginaux. Mais la majorité des gens vivent en campagne, et gagne leur vie en travaillant la terre. Ce sont soit des paysans libres, tenant un alleux*, soit des serfs, paysans soumis à un seigneur qui leur loue sa terre en échange de redevance et de corvées. Le statut de ces derniers s'approche de celui d'esclave. LanguesLandique Le landique est la langue parlée en Cahogne. C'est la langue du peuple, appelée aussi langue vulgaire ou vernaculaire. Elle se divise en bas-landique, langue du Pays-Plat, et haut-landique, langue parlée dans les Landes, mais les deux dialectes sont assez proches pour que les locuteurs se comprennent entre eux. Accompagnant la révolution intellectuelle du XIIème siècle, la littérature en langue vulgaire va s'épanouir à travers la poésie, les chansons de gestes, les romans et les traductions depuis la langue ancienne. Avec l'Edit du duc Raoul Beauclerc en ???, le haut-landique se répand, devenant celle de l'administration, des lois, des testaments et des chroniques, le bas-landique ne survivant que par une importante production poétique encouragée par les seigneurs du Nord refusant de voir leur langue supplantée par celle du Sud. Grâce à la culture courtoise, inventée en Cahogne, et à la diffusion des poésies des célèbres troubadours Cahons, le landique s'est répandu à travers les cours de l'Empire, devenant pour la noblesse impériale une langue raffinée symbolisant l'amour et l'honneur. Devenant la langue véhiculaire, le landique s'est peu à peu imposé comme la langue de la diplomatie, supplantant les deux mannois, surtout depuis l'élection d'Empereurs Calaves. ► Antique L'Antique, ou l'Impérial, était la langue de l'Ancien Empire. Oubliée peu à peu après l'invasion Manns, elle a survécu grâce à l'Eglise qui en a fait la langue liturgique. Toutefois, l'Antique actuel est bien différent de celui du passé,  c'est une version vulgaire, simplifiée et adaptée pour être facilement accessible à tous, faite pour la pédagogie de masse afin d'enseigner aux fidèles les préceptes de la religion. Bien qu'elle ne soit plus parlée par le peuple, l'Antique reste la langue sacrée, dans laquelle le Codex fut écrit. C'est la langue de la religion, mais aussi celle de la science et de la poésie. L'enseignement de l'Antique est réservé aux clercs et à quelques érudits qu'on appelle litteratus. Lorsqu'un charlatan utilise l'Antique pour escroquer, il impressionne tout de suite les plus naïfs paysans. PeuplesLes Cahons Les Cahons sont les habitants de la Cahogne. Par extension, le terme peut aussi désigner tous les sujets du duc de Cahogne, quelques soient leurs origines. A l'origine, les Cahons formaient l'une des tribus de la fédération Manns qui envahit l'Ancien Empire au cours du début du VIIème siècle. Relégués aux marges de l'Empire, sur l'ancienne Cantabrie, ils constituent un peuple à part. Aujourd'hui les Cahons se divisent en deux principaux groupes : les Landais dans le Sud et les Platois au Nord. Les Landais sont réputés oisifs et rêveurs, grands amateurs de vin, de jeux équestres et de joutes verbales, ils se targuent d'être les inventeurs de la chevalerie et de l'amour courtois, les précurseurs d'une société raffinée et poétique, les initiateurs de la révolution culturelle. En réalité, ils ne sont que les diffuseurs du renouveau artistique né en Valentine, la culture cahonne étant très marquée par l'influence des valentins : cela se voit surtout dans l'architecture du pays et dans les riches habits de ses habitants, mais aussi dans la poésie et la musique. Vivant dans le cœur de l'ancien haut royaume de Cantabrie, le pays des Mördwyms, les Landais sont empreints de mythes païens. La peur des monstres du paganisme les a rendu très superstitieux tout en renforçant leur foi, les Landais sont réputés pour être très pieux et soumis à Dieu et à sa sainte Eglise. Les guerriers Landais sont de valeureux cavaliers et d'excellents épéistes. Mais la noblesse a souvent la volonté de prouver sa valeur par de grands exploits, ignorant la discipline et les ordres. Leur courage n'a alors d'égal que leur imprudence. Les Platois, Cahons habitants le Pays-Plat, sont très différents de leurs cousins du Sud, notamment par l'influence des vikings qui ont colonisé en partie cette région. Les Landais les appellent parfois péjorativement les demi-Cahons et une grande rivalité les oppose depuis toujours. Bien que la colonisation vikings ait été très faible, leur influence culturelle a complètement modifié le paysage de la région, la mentalité et la langue de ses habitants. Les Platois sont réputés pour êtres rudes, tenant en haute considération la notion de liberté. On les dit peu accueillant, pourtant, ils tiennent l'hospitalité pour sacré : jamais ils ne refuseront le gîte à un voyageur et jamais ils ne porteront la main sur lui, au risque d'un grand déshonneur. D'esprit logique et rationnel, ce sont des travailleurs infatigables, doués pour les chiffres et les sciences, donnant au monde d'excellents médecins et légistes. De nature austère, l'art occupe peu de place chez les Platois, leur architecture comme leurs habits sont sobres et simples, plus pratiques qu'artistiques. S'ils manquent d'humour et de poésie, les Platois sont réputés pour être droits et loyaux, portant une grande importance à la promesse. Les jeux taurins, animal sacré Norge, remplaçant les jeux équestres, les Platois sont rarement de bons cavaliers en raison de leur manque d'entraînement. A l'inverse, ils sont d'excellents arbalétriers grâce aux guildes des cités portuaires. ► Derzis Les Derzis forment une importante diaspora infidèle très répandus à travers l'Empire. Ils seraient près de 400 000 dans tout l'Empire et plus de 50 000 rien qu'en Cahogne. Adorateurs d'un panthéon de dieux à têtes d'éléphants, dans un monde où société et Eglise se confondent les Derzis passent pour une anomalie : membres de la société mais pas de l'Eglise. Pour l'Eglise, la cohabitation avec les Derzis souillent les fidèles triaphysites, mais en même temps, ils permettent une glorification du mal en le personnifiant. Leur statut varie en fonction des dirigeants en place, selon la sensibilité des princes et la conjoncture politique, les Derzis passent de protégés à boucs émissaires. En Cahogne, la coutume est à la tolérance, notamment pour les bienfaits économiques qu'ils apportent : on leur laisse leur liberté de culte tout en restreignant leur droit : on leur interdit certains vêtements, de porter des bijoux, de posséder des armes, de monter à cheval ou encore d'entrer dans certains bâtiments publics et bien sûr d'épouser une fidèle triaphysite. Les Derzis ont reçu des ducs l'autorisation de s'administrer eux même et de posséder leur propre justice . Les Derzis sont reconnaissables à leur peau cuivrée, à leurs yeux très clairs et à leur tête enturbannée. Ils se regroupent essentiellement en petites communautés urbaines fermées et secrètes. Répandus dans le monde entier, notamment dans les grandes villes, ils forment un vaste réseau utilisé pour constituer d'importantes corporations marchandes et banquières. Les Derzis se sont en effet spécialisés dans les échanges monétaires, ce sont des usuriers et des trafiquants d'or et d'épices. A cause de cela, ils ont mauvaises réputation et la population superstitieuse leur impute toutes sortent de méfaits, les rendant responsables des épidémies, des famines et des catastrophes naturelles. Ainsi, et ce malgré la protection de l'Eglise et de certains princes, les Derzis sont les premiers à subir la colère du peuple lors des crises, endurant les spoliations, les expulsions et les lynchages. ► Les étrangers De part son histoire et sa position géographique située à la lisière du monde impériale, les Franges Orientales ont toujours étaient un pays cosmopolite, accueillant de nombreux étrangers provenant de tout l'Empire et d'ailleurs, attiré par la croisade contre les Dremmens, le culte de saint Hugues ou par le commerce. Les Valentins forment la principale minorité étrangères des Franges Orientales. Ce sont surtout des voyageurs, des artistes et des marchands, de passage ou installés durablement. Ils habitent essentiellement les grandes villes où ils tiennent des boutiques et des banques ; c'est leur position d'usuriers qui leur donne mauvaise réputation : on les dit avares, escrocs et cupides, dénués de tous sens morale. La culture valentine a une grande influence sur les habitants des Franges, notamment dans les Landes. De leur pays ils ont apporté une mode vestimentaire plus colorée, luxueuse et échancrée que le morne habit Cahon, une nourriture plus faste et l'art de l’orfèvrerie. Certains clercs voient d'un mauvais oeil cette influence car les Valentins sont réputés pour leurs mœurs légères. Ils seraient infidèles, lubriques, efféminés et sodomites. Ils auraient apportés ce qu'on appelle le "mal valentin", la syphilis. Depuis la conversion du roi Bogdanil, la frontière Est de l'Empire que la Cahogne était censée garder contre les païens est devenue très perméable. Les Franges Orientales, surtout depuis le début de la colonisation de la Transgarde par les Cahons, accueillent de plus en plus de Dremmens convertis. Bien que partageant désormais la même religion, les Dremmens gardent toujours une réputation de barbares, de pilleurs et de voleurs. Mais cette vision est depuis longtemps erronée : aujourd'hui les Dremmens sont de glorieux chevaliers, d'excellent cavaliers et même des poètes maniant le landique avec un grand raffinement, bien qu'ils restent encore très portés sur la boissons et que leur accent est parfois à peine compréhensible. Dans les villes portuaires du Pays-Plat, on peut aussi croiser des marins et des marchands Norges provenant des régions d'au delà de la Mer d'Adrien. Ils sont réputés pour être taciturnes, froids et peu amicaux, se contentant de faire leur commerce et de repartir dans leur pays. Plus rares, ils est parfois possible de tomber sur des Sanlars et des noirs du Sadàn, souvent des esclaves capturés par les croisés en Ponantique.
La Cahogne est le pays traditionnel de la chevalerie. Les chevaliers sont des professionnels de la guerre issus de la noblesse, mais la chevalerie est plus qu'une simple caste militaire, c'est aussi une attitude et un mode de vie qui a su se démarquer du reste de la population. La vie d'un chevalier tourne autour de la guerre, mais aussi du jeu, de l'amour, de la justice et de l'honneur. Le chevalier passe toute leur vie à s’entraîner aux armes et à l'équitation. Il est au service de l'Eglise et doit protéger les plus faibles. Lorsqu'il ne sert pas à la guerre, le chevalier passe son temps dans les tournois où il prouve sa valeur et gagne en fortune. On accède au statut de chevalier par la cérémonie de l'adoubement. On distingue les chevaliers laïcs des chevaliers réguliers, c'est à dire les moines combattants membres des ordres religieux militaires. ► Adoubement
L'adoubement se situe entre la 17éme et la 21éme année du futur chevalier, parfois plus tôt pour les jeunes monarques, après une longue éducation. Vers les sept ans, le jeune nobles destiné à la chevalerie est placé chez un parrain, une personne de confiance de la famille, qui sera chargé de son éducation. Il sera d'abord galopin, chargé du nettoyage des écuries, puis page, où commencera vraiment sa formation, et enfin écuyer, assistant son parrain lors des tournois et à la guerre. Le passage du statut d'écuyer à celui de chevalier se fait par l'adoubement. La nuit précédent la cérémonie, le futur chevalier passe une nuit complète à prier dans une chapelle en compagnie de son parrain. Le lendemain, le seigneur organise une grande fête dans son château. Puis sur une estrade, l'écuyer s'agenouille et prête serment sur le Codex et jure de protéger les plus faibles et de défendre l'Eglise. Son parrain lui remet alors ses armes bénies par l'Eglise. Une fois revêtu de son équipement, le chevalier s'agenouille de nouveau pour recevoir l'accolade : avec le plat de son épée, le suzerain frappe l'épaule droite puis l'épaule gauche du chevalier en lui disant "Je te fais chevalier au nom du Verbe, du Paraclet et de la Géhenne". Parfois, les grands Princes et les Rois adoubent plusieurs dizaines de chevalier en même temps au cour de grandes cérémonies.
L'armure du chevalier La grande Guerre Civile landaise de 1166 à 1178 a vu l'apparition des armures de plates transformant les chevaliers en véritables forteresses de fer. Cette armure, appelée aussi harnois, est encore peu répandue sur les champs de bataille, notamment en raison de coût très élevé qui la réserve à la haute noblesse. La plupart des chevaliers se contentent d'un haubert et d'un gambison, renforcées de quelques pièces de métal aux bras ou aux jambes. Contrairement aux idées reçues, les mouvements dans l'armure complète ne sont pas gênés. Toutefois, le chevalier ne pourra pas courir très vite ni batailler des heures, car l’inconvénient de cette armure est qu'elle épuise rapidement son porteur, ou bien le fait suffoquer s'il fait trop chaud. • Protections de la tête et du tronc - Casque : protection de la tête : heaume, barbute, salade, bassinet, chapel de fer, cervelière, armet ; - Camail : protection du cou et des épaules en tissu de mailles ; - Brigandine : protection du buste en cuir rivet ; - Gambison : protection du buste en vêtement matelassé ; - Tabar : surcot sans manche en tissu porté au dessus de l'armure et cerné à la taille par une ceinture. Il protège de la pluie et de la chaleur. Décoré d'armoiries, on parle plutôt de "Cotte d'armes". • Protections des membres supérieurs - Spalière (ou épaulière) : protection de l'épaule ; - Canon d'arrière-bras : protection du biceps de l'arrière-bras ; - Cubitière : protection du coude ; - Canon d'avant-bras : protection de l'avant bras - Gantelet : protection de la main et du poignet. • Protections des membres inférieurs - Jambière : protection totale des jambes, constituée des pièces suivantes ; - Cuissard : protection des cuisses ; - Genouillère : protection du genou ; - Grève : protection du tibia ; - Soleret : protection du pied, soit à poulaine, soit à "pied d'ours". Souvent équipé d'éperon. ► Armement et entourage L'épée est l'arme symbolique du chevalier. Les plus riches se font forger une épée unique, adaptée à leur main. Certaines familles se transmettent une épée de père en fils pendant des générations. A dos de cheval, le chevalier utilise la lance qui lui permet de charger l'ennemi à toute vitesse et de percer ses défenses. Le chevalier est formé à tout les types d'armes : dagues, haches, masses, arcs...etc. L'arbalète est peu utilisée car elle est considérée comme une arme vil et sans honneur. Le chevalier dispose de trois chevaux, le palefroi qui lui sert à la marche, le roncin qui sert de bête de somme transportant tout son équipement, et le destrier, un cheval de guerre. Il peut être accompagné par plusieurs personnes à son service : un écuyer, un page, des sergents à pieds ou à cheval, un chapelain et parfois un chroniqueur. ► La fin'amor La fin'amor, qu'on appelle aussi l'amour courtois, est l'art de vivre du chevalier. C'est la capacité d'aimer avec honnêteté et respect, exaltée dans l'art par les troubadours et trobairitz. C'est à travers les célèbres banquets du duc de Cahogne Raoul Beauclerc, dit le "premier troubadour" ou le "grand mécène", où les poètes s'affrontaient dans des joutes verbales chantant l'honneur chevaleresque et l'amour des dames, qu'est née la culture courtoise (c'est à dire la culture de la cour). Auteur lui même de plusieurs poèmes, Raoul va promouvoir les écrits de ses courtisans et diffuser partout dans le duché, puis dans l'Empire, le lyrisme poétique de son palais, développant dans chaque cour une culture propre qui participera au renforcement de la cohésion de l'aristocratie autour du modèle chevaleresque. La culture courtoise est le reflet des préoccupations de la noblesse et aborde des sujets qui la concernent : prouesses guerrières, honneur chevaleresque, amour des dames, défense de l'Eglise, loyauté au seigneur ; et met en valeur les vertus de la noblesse : bravoure, fidélité, modération, contrôle de soi. Derrière sa légèreté, la littérature courtoise met en avant les difficultés des jeunes chevaliers désœuvrés, exclus du jeu matrimonial et du pouvoir, ce qui explique la profusion de chant sur le thème amoureux. Les poèmes mettent souvent en scène l'amour vrai, une relation interdite et non charnelle entre une dame, femme du seigneur, et un chevalier, son vassal. La culture courtoise s'exprime dans des performances littéraires produites par les troubadours, les trouvères, les jongleurs et les ménestrels, au travers de plusieurs genres : la canso, une chanson versifiée de 5 ou 6 couplets ; la sérénade, qui dépeint les lamentations d'un chevalier amoureux ; le serventois, satire politique et morale ; le planh, une lamentation funèbre pleurant un mort ; la ballade, pour être dansée ; ou encore la pastourelle, racontant l'amour pour une bergère. Après la poésie apparaît le roman courtois, écrit en vers ou en prose, qui puise ses thèmes dans la matière de Cahogne, notamment les mythes païens des Mörwyms, comme le Roman de Cédric Coeur de Dragon par Thibault du Gué ou le Roman du Petit Peuple, rempli de fées et de lutins ; ou bien racontant les exploits guerriers lors des croisades. Aujourd'hui, la plupart des chansons de geste sont inspirées par les événements de la Croisade et content les exploits des chevaliers, les batailles et les sièges qui ont émaillé le conflit contre les infidèles. De nos jours, la poésie courtoise est menée par Pierre l'Amoureux, Élisa de Vaucelle ou Odon Crève-Coeur, et par les 3 membres du Cénacle : Marbeauf, Sénébaud et Cabadur, un groupe de poètes révolutionnaires. Mais depuis peu, les poètes d'Insanlar, diffusé après la Croisade, comme Firdousi, Ibn Al-Sadin ou Jean le Derzi, plaisent de plus en plus à la noblesse de l'Empire. ► Valeurs et code moral Les valeurs de la chevalerie exacerbent la morale religieuse. Les vertus du chevaliers sont idéalisées par la littérature, les chansons de geste et les troubadours. Elle met en avant la fidélité, la courtoisie et le courage. Au cour du XIIème siècle s'est établi le code moral du chevalier : • Tu croiras à tout ce qu'enseigne l'Église, et observeras tous ses commandements. • Tu protégeras l'Église. • Tu auras le respect de toutes les faiblesses, et t'en constitueras le défenseur. • Tu aimeras le pays où tu es né. • Tu ne reculeras pas devant l'ennemi. • Tu feras aux Infidèles une guerre sans trêve et sans merci. • Tu t'acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s'ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu. • Tu ne mentiras point, et seras fidèle à la parole donnée. • Tu seras libéral, et feras largesse à tous. • Tu seras, partout et toujours, le champion du droit et du bien contre l'injustice et le mal. • Tu te comporteras en gentilhomme. Sources images : Edmund Blair Leighton
L'Empire n'est pas un territoire ou un régime, mais une forme d'unité politique. Il associe à un même destin plusieurs peuples aux cultures et aux langues différentes. Ses frontières ne sont donc pas fermées mais mouvantes. Toute la difficulté des Empereurs est de maintenir la cohésion de l'Empire et d'y éteindre les velléités indépendantistes de certains princes. L'Empereur n'est pas maître d'un domaine, mais le suzerain des souverains que sont les princes laïcs et ecclésiastiques sur qui il règne. Il possède le supériorité morale et spirituelle, et incarne le lien fondamental qui uni les peuples, la fidélité à l'Empereur tenant pour patriotisme. On utilise parfois le terme abusif de "Nouvel Empire" pour différencier l'actuel Empire de l'Empire antique ("l'Ancien Empire"). Toutefois, on considère que l'Empire ne s'est pas interrompu pour être reconstitué, le Nouvel Empire est le continuateur de l'Ancien, avec une pause de 300 ans. Pour autant, l'Empire restauré par Godfred le Grand en 900 n'a plus rien à voir avec l'entité précédente. S'il restaure le sénat, les titres et les rites impériales, ces derniers sont vidés de leur sens premier pour adopter une nouvelle idée de l'Empire, très influencée par les concepts barbares. HistoireL'Ancien Empire Ce qui deviendra l'Empire naît par la signature d'un traité entre plusieurs villes de l'Isthme en l'an 77 de notre ère. D'abord simple alliance défensive reposant sur une constellation de cités sans cohérence politique, l'entente unira peu à peu les diverses administrations en une seule : Archopolis. L'Alliance se donne alors pour but de civiliser la Terre, par la langue et la loi, puis bientôt par la religion. L'acceptation du triaphysisme codique par les cités alliées unira dès le début le destin de la religion écrite à celle du futur Empire : à l'avancée politique et militaire suivra l'avancée religieuse dans les terres païennes. A la fin du IIème siècle, l'Alliance traverse une grave crise. Assiégée à ses frontières et en proie à des conflits internes, elle sera contrainte de se réformer pour s'adapter à un contexte défavorable. Cela entraîne à terme l'émergence d'un pouvoir autocratique incarné dans un seul homme, l'Empereur, qui transforme l'alliance en un vrai état cohérent et centralisé. C'est la naissance à proprement dit de l'Empire. L'apparition de l'autocratie revitalise l'empire qui met fin au conflits intérieurs et chasse ses ennemis à ses frontières. A son apogée au IVème siècle, l'Empire englobe alors une grande partie du monde connu et étend son autorité sur d'innombrable peuples unis par une même religion : le triaphysisme. A la fin du VIème siècle commence la lente décadence de l'Empire, miné par des révolutions de palais et des Empereurs faibles auquel s'ajoute un climat très défavorable. Le froid entraînant de mauvaises récoltes, provoque révoltes et épidémies qui affaiblissent la population. Lorsque l'hiver de l'an 601 gèle le détroit d'Hagen, c'est sur des terres maigres et un peuple fatigué et malade que déferlent les Manns, une fédération de tribus du Nord jusque là retenue par la mer. La mort du dernier Empereur à la bataille des champs carmins signe la chute de l'Ancien Empire et la conquête totale de ses terres par les barbares. ► Le Nouvel Empire Seule survivance de l'Ancien Empire, l'Eglise parvient à convertir les barbares Manns à la religion triaphysite. Grâce à cela, l'idée d'Empire reste encore très vivace dans le clergé et chez les rois barbares qui se revendiquent tous de l'Empereur disparu pour asseoir leur autorité sur leurs conquêtes. Mais ce n'est que 300 ans après sa fin que renaîtra l'Empire. S'apercevant de la disparition du puissant système étatique de l'Ancien Empire qui assurait la défense de ses frontières, les peuples à la périphérie de l'ancien espace impérial commencent à s'agiter. En 880, les hordes Kichiques, des cavaliers nomades des steppes occidentales, envahissent les anciennes terres impériales et menacent Archopole, devenu la ville du Triarque, le chef de l'Eglise. Pour sauver le monde triaphysite, le Triarque demande l'aide du roi des Gallancs, Godfred, alors le plus puissant seigneur Mann. Après avoir vaincu les Kichiques et libéré la Wisimanie, Godfred sera couronner Empereur par le Triarque en l'an 900. L'Empire est alors restauré. Godfred restaure le cérémonial impérial,  les jeux et les concours, le Sénat, les dignités, la liturgie, le droit et la monnaie, tout en important des éléments propres à la société Mann, comme la féodalité et la chevalerie. En résulte une monstruosité hybride qui rompt avec la tradition de l'Ancien Empire, les Manns restaurants des symboles complètement vidés de leur sens, comme les dignités impériales auxquelles ont retire leur signification pour ne plus qu'être honorifique.   Godfred et son fils, Manfred, passeront l'entièreté de leur règne à imposer le Nouvel Empire aux récalcitrants, à commencé par les Valentins qui seront soumis par la Grande Légion, la nouvelle armée de l'Empire. Godfred remet en ordre la société et encourage les petits à se vassaliser aux grands. Pour administrer son empire, l'Empereur nomme des comtes (plus de 200 sous Godfred), chargés de maintenir l'ordre et de lever les hommes pour la guerre, et fait du serment un moyen de gouvernement, créant ainsi la féodalité. Pour reprendre en main les comtes à la mort de son père, Manfred créera les ducs ; en se créant des clientèles locales et en cherchant à transmettre leur charge à leurs enfants, les ducs jetteront la base des principautés féodales actuelles. Surtout, Godfred et Manfred s'appuieront beaucoup sur l'Eglise pour asseoir leur autorité. En échange de la fidélité des évêques qui deviennent d'importants agents de l'Empire, l'Empereur reconnaît au clergé son immunité et son indépendance face aux pouvoirs laïcs. Aussi, il dotera l'Eglise en fiefs, créant les futurs grandes principautés ecclésiastiques. ► Des Hildegardiens au Grand Interrègne En 940, la mort prématurée de Manfred laisse pour prétendant à l'Empire qu'un enfant en bas age. Les Grands décident d'élire Matthaüs, époux d'Hildegarde et beau-fils de Godfred. Les Hildegardiens ne bénéficieront pas de l'état de grâce de leur deux illustres prédécesseurs, et leurs maladresses mettront au péril la survie de l'Empire restauré. Surtout, ils changeront de politique : en prenant peur de la trop grande puissance de l'Eglise, ils préféreront s'appuyer sur la noblesse pour administrer l'Empire. L'Empereur Otto Ier et ses successeurs directs tenteront de mettre l'Eglise au pas et de refaire du clergé une institution impériale en effaçant l'autorité du Triarque. En résultera de graves conflits intérieurs aboutissant à l'excommunication de l'Empereur et à son humiliation pour trouver le pardon, renforçant le pouvoir de l'Eglise alors capable de faire plier le maître de l'Empire. En 1094 la mort de l'Empereur Otto III, le dernier des Hildegardiens, plongera l'Empire dans le chaos. La lutte acharnée opposant le Triarque aux Empereurs Hildegardiens et l'absence de fixation des règles d'élection rendra impossible la nomination d'un nouvel empereur, les quelques 200 électeurs devant départager des dizaines de candidats à la succession. Le Grand Interrègne durera près de 50 ans avant que le trône impérial ne retrouve un maître. L'absence d'Empereur aura de grandes conséquences sur l'Empire qui sombrera dans l'anarchie féodale. Profitant de la vacance du trône, les princes et les villes s'octroyent l'indépendance de fait, ce qui marque encore aujourd'hui l'éclatement du monde impérial. A la périphérie de l'Empire se créent des principautés cohérentes et autonomes (le duché de Cahogne, l'Ostromagne, le Royaume de Tancardie, la Grande-Marche). Plus grave, l'invasion Sanlar au Sud de l'Empire forcera la noblesse de Wisimanie, qui n'a jamais été vraiment soumise par l'Empereur, à se doter d'un Roi pour assurer eux même leur défense. A la même période, les cités-états de Valentine prennent leur distance. Désireux de remettre l'ordre dans l'Empire et de faire face aux menaces frontalières (Sanlars, Dremmens et vikings Norges), les Grands de l'Empire à se mettent d'accord sur un candidat. En 1142, l'élection de Lothar Magnus met fin au Grand Interrègne, bien que sa légitimité soit contesté par une grande partie de l'Empire. ► Des Sauriens aux Prados Lothar Magnus et ses successeurs tenteront de réformer l'Empire pour assurer sa survie et éviter un nouvel interrègne. La bulle de 1143 fixe les régles les élections et restreint le droit de vote à 8 princes-électeurs. Ambitieux, les Sauriens auront pour objectif de restaurer les anciennes frontières impériales. En 1150, l'Eglise organise une grande croisade dans le Ponant pour récupérer les terres conquises par les Sanlars. L'expédition militaire abouti à la création des états croisés, mais rapidement l'Empereur est supplanté dans la région par le Roi de Wisimanie. En 1239, la mort du dernier Saurien plonge à nouveau l'Empire dans l'anarchie et on craint à un nouveau grand interrègne. Jusque là, l'Empereur avait toujours été issu de la tribu des Gallancs, mais l'affaiblissement de ces derniers ne propose aucun princes crédible pour le trône. Deux candidats émergent alors : Hugues II, duc de Cahogne, et Manoel Prado, Prince des Calaves. Finalement, c'est l'or Calave qui l'emporte malgré tous les efforts du duc de Cahogne et Manoel est élu Empereur en 1249. Le Petit Interrègne aura duré 10 ans. Personnalité Manoel va restaurer non sans mal le prestige impérial. A sa mort en 1260, pour éviter un nouvel interrègne les électeurs privilégie la continuité dynastique et élise Cornelio-Duarte, petit-fils et Manoel et alors âgé de 13 ans. ► Le siècle de l'Empereur Corneille Cornelio-Duarte devient Empereur en 1260. Ayant souffert de la politique agressive de son grand père pour restaurer l'autorité impériale, les princes de l'Empire pensent qu'avoir un enfant sur le trône leur donnera du répit. Mais Cornelio-Duarte se révélera comme l'un des plus grands Empereurs depuis la restauration de l'Empire. Devenu majeur à 16 ans, le jeune Empereur entreprend de continuer les chantiers débutés par son grand-père. En 1267, il épouse la nièce du dernier Saurien et parvient à mettre la main sur le riche héritage de l'ancienne dynastie impériale. En plus de ses titres de Prince des Calaves, de duc du Midàn et de comte de Luria, il devient archiduc d'Ostromagne, duc de d'Octomanie et de Crissonie, comte de Feldheim, ce qui lui donnera une base territoriale et économique importante pour mener à bien sa politique : en devenant le plus puissant des princes de l'Empire, l'Empereur pourra enfin affirmer son autorité sur la noblesse turbulente. Très ambitieux, Cornelio-Duarte, comme tous ses prédécesseurs, se mettra en tête de restaurer les anciennes frontières impériales, à la différence que pour la première fois l'Empereur semble posséder les armes pour y parvenir. Il commence par restaurer l'autorité de l'Empereur au sein même de l'Empire. Sous prétexte de restaurer l'ordre en Valentine, après la croisade contre les hérétiques schismatiques qui bouleversa la péninsule, Cornelio-Duarte passe la Cordillère avec une grande armée. Contre toute attente, les Valentins parviennent à mettre leurs rivalités de côté pour former une grande ligue défensive face aux impériaux. Malgré la supériorité évidente de l'Empereur, celui-ci s'embourbe dans une guerre plus difficile que prévu et la campagne se soldera par un échec, non sans avoir créé un peu plus le chaos dans la péninsule. Revenu en Calave en 1275, il part 2 ans plus tard pour la Ponantique afin d'y poursuivre la croisade pour y défendre les états croisés en grande difficulté face à la renaissance Sanlar. Pendant 5 ans, l'Empereur bataillera contre les infidèles. Plus que des victoires militaires, sa campagne aura pour effet de restaurer l'autorité impériale face aux prétentions du Roi de Wisimanie, qui pour la première fois depuis le Grand Interrègne sera dominé par un Empereur plus puissant que lui. En 1282, l'Empereur est de retour dans l'Empire, rappelé pour régler la dissidence de la confédération communale. A partir de 1290, la maladie commence à ronger son corps, fatigué par tant d'années de lutte. En 1292, la mort de son fils unique, Cézario, met mal la politique de l'Empereur. En perdant son héritier, c'est toute la succession de l'Empire qui est remise en cause. Dès lors, Cornelio-Duarte se mettra en tête de faire élire sa fille, Isabella, alors devenue Reine de Tancardie grâce aux intrigues de son père. InstitutionsL'Empereur L'Empereur est le maître de l'Empire, le suzerain des souverains. Il fait suite aux Empereurs de l'Ancien Empire, mais surtout de Godfred le Grand, le restaurateur de l'Empire. Les pouvoirs des Empereurs ont variés avec le temps. Si Sous Godfred, puis son fils Manfred, l'Empereur était capable de faire et de défaire les ducs sur sa simple volonté, il va s'affaiblir avec le temps et n'être sous les Sauriens, plus qu'une coquille vide sans aucune autorité sur les Princes. Manoel Prado et son petit-fils Cornelio-Duarte font réussir à restaurer en partie le prestige du titre et à rétablir par la force l'autorité impériale, mais leur oeuvre reste très instables et risque de ne pas survivre à leur règne. S'il a gardé toute sa dimension spirituelle, le titre d'Empereur a perdu une bonne partie de ses prérogatives temporelles. Aujourd'hui, il règne sans gouverner, et s'épuise face aux princes devenus trop puissants. L'objectif des Empereurs est de protéger l'Eglise et la vraie religion, de garantir l'ordre et la paix dans la société, de maintenir la cohérence de l'Empire et d'écraser toute velléité d'indépendance des princes. La restauration des frontières de l'Ancien Empire est une chimère inaccessible pour tous les Empereurs, un mirage souvent remit à jour pour affirmer les prétentions universelles de l'Empire. L'Empereur est élu par le Collège des électeurs composé de 5 princes laïcs et de 3 princes ecclésiastiques : les Archevêques de Vendaume et de Wicheim, l'Abbé de l'ordre Cramoisi, le Roi de Tancardie, le duc de Cahogne et de Neusphalie, le comte de Roxemberg et le marquis de la Marche-électorale. Il n'existe pas de règles à l'élection et n'importe qui peut se déclarer candidat pourvu qu'il soit noble. Mais la coutume accorde de l'importance à la dignité, au prestige, aux actes, à la fortune, aux titres, à l'ancienneté et aux relations familiales avec l'Empereur défunt. Mais dans les faits, l'argent est le facteur déterminant pour amadouer les électeurs, chaque élection étant une occasion de s'enrichir par les cadeaux des candidats. Pour être élu, le candidat devra recueillir au moins 6 voix sur les 8. Il ne sera alors Empereur qu'après son couronnement et la remise des insignes impériaux : la couronne d'Or, l'orbe crucigère, le sceptre impérial, l'épée de Godfred et la cape de Manfred. Le choix du prélat pour le couronnement est souvent politique, pour remercier un évêque de son soutient. Depuis longtemps l'Empereur n'est plus couronné par le Triarque, s'émancipant de la tutelle du chef de l'Eglise. Le titre d'Empereur s'accompagne aussi de ceux de Roi d'Ostromanie et de Valentine, de Prince du Sénat et de Premier Avoué de l'Eglise. Pour endiguer la perte du pouvoir des Empereurs, les juristes impériaux n'ont cessé d'y rajouter des superlatifs sensés rehausser le prestige du titre. On parle souvent du "suprême empereur" ou de l'empereur "très sacré". ► Le Sénat Le Sénat restauré par Godfred le Grand est l'institution principale de l'Empire chargée de gérer les affaires générales et de régler les conflits entre les états. Il est censé faire suite au sénat de l'Ancien Empire, mais sa fonction et son fonctionnement n'ont plus rien à voir avec celui de l'antiquité. Le Sénat est l'assemblée de souverains de l'Empire, c'est à dire les chefs des états possédants l'immédiateté impériale. C'est la possession d'une seigneurie qui donne le droit de siéger et de voter. Le Sénat se réuni sur ordre de l'Empereur, dans un lieu déterminé à l'avance, souvent une grande ville du centre de l'Ostromanie, le coeur de l'Empire. le Sénat est habilité à entériner les changements de constitution, à arbitrer les conflits entre princes de l'Empire, à autoriser la levée de la Grande Légion (l'armée impériale) ou encore à accorder une aide spéciale à l'Empereur (comme le financement d'une croisade). Il se divise en trois collèges : le collège des Princes-Electeurs, le collèges des autres princes (laïcs et ecclésiastiques), le collèges des villes libres. Le contage des voix est complexe, il se fait par tête et par banc. Les princes (laïcs et ecclésiastiques) et les ducs possèdent chacun une voix alors que les comtes et barons sont réunis en quatre bancs et les villes libres en deux bancs. Ainsi, l'ensemble des comtes d'un banc ont une voix équivalente au duc de Neusphalie, alors prince-électeur. La décision du Sénat porte le nom de recès. ► Etats de l'Empire Les états de l'Empire sont les états disposant de l'immédiateté impériale, c'est à dire répondant directement à l'Empereur sans intermédiaire. Ils sont de natures diverses : principautés féodales laïques ou ecclésiastiques (baronnie, comté, duché, marquisat, royaume), abbayes, villes libres, républiques, ligues et confédérations...etc. La Matricule d'Empire recense les états. Ces états siègent au Sénat et y dispose d'une voix selon leur rang. Il existe actuellement 36 états, dont X principautés ecclésiastiques (X archevêché-princier, X évêchés-princier et X abbaye impériale), X principautés laïques (2 royaumes, 1 archiduché, X principautés, X duchés, X marches, X comtés, X vicomtés, X baronnies) et X principautés communales (X villes libres et X républiques). X états sont en réalité indépendants de l'Empire et ne répondent plus de l'Empereur. Etats actuels de l'Empire : en violet, les princes-électeurs ; en orange, les états indépendants dans les faits. - Royaume de Tancardie - Royaume de Wisimanie - Archiduché d'Ostromagne - Principauté de Calave - Principauté de Calà - Duché de Crissonie - Duché de Haute-Julienne - Duché de Basse-Julienne - Duché de Neusphalie (dit aussi électorat de Neusphalie) - Duché de Meinland - Duché de Carstenie - Duché de Pavène - Duché de Midàn - Duché de Cahogne - Marche-Electorale - Marche Indérieure - Marquisat d'Antagène - République de Kalham - République de Reino - République de Ponte - République d'Heggio - République de Pirole - Ligue de Calave - Confédération ??? - Comté de Roxemberg - Comté de Lurgos - Comté de Valais - Comté de Roccaforte - Comté de Savonne - Vicomté de Landeron - Baronnie d'Aigues - Archevêché de Wichem - Archevêché d'Eiche - Archevêché de ??? - Evêché de Shuden - Evêché de Taussen - Ban sacré de l'Abbaye Rouge (ordre des moines cramoisis)
Monnaies Il existe deux types de monnaie, la monnaie réelle et le monnaie de compte. La première est la monnaie concrète, c'est à dire la pièce de métal qui sert tous les jours pour les achats. La seconde est une monnaie fictive qui sert à régler les transactions marchandes. Les unités monétaires sont définies par leur poids en métal précieux. C'est grâce à cela que les différentes monnaies dans le monde peuvent être échangées. On distingue les monnaies monométallique (c'est à dire où un seul métal sert de monnaie, généralement l'argent), bimétallique (or et argent), voir trimétallique (or, argent et cuivre).   Le manque de mines d'or dans l'Empire a forcé l'utilisation d'une monnaie uniquement faite d'argent, bien que Godfred le Grand tenta sans succès de restaurer l'ancienne monnaie impériale trimétallique (aurion, disaurion et centaurion). Aujourd'hui dans l'Empire, les échanges sont dominés par les monnaies des républiques Valentines, avec le ducat pontain, la pièce d'or de la République de Ponte, le gros pavé du duché de Pavène et le sequin de la principauté de Calà. Dans une moindre mesure s'imposent le réal de Calave, favorisé par les deux derniers Empereurs, et le mark Ostromans en circulation dans le centre de l'Empire. En Cahogne, c'est le système de la livre soulanaise qui est en cour, instauré par le duc Hugues II. La livre y équivaut à 200 deniers et le sou à la moitié d'une livre. Le denier forme la base du système monétaire. Il se divise en obole (ou maille) qui représente 1/2 denier ; et en poge (ou picte) qui représente 1/4 de denier. Ainsi, 4 pictes = 2 oboles = 1 dernier. La livre et le sou sont des monnaies de compte. En Ponantique et en Austrasique, la monnaie est toujours restée trimétallique, même après la chute de l'Ancien Empire. C'est celle des Sanlars, adoptée par les Kichiques, qui servit de monnaie d'échange, avec le dinar (en or), le dirham (en argent) et le fels (en cuivre). ► Routes commerciales Le XIIème siècle voit l'essor du grand commerce international, grâce à des avancés technologiques dans le transport, au surplus de production mais surtout à la pacification des mers avec l'arrêt des raids vikings puis la croisade qui réouvre les marchés du ponant. Désormais, l'Empire et ses voisins seront reliés par des pistes caravanières et des routes maritimes. On compte 7 sortes de routes : l'alimentation (grains, vins, sel, poissons fumés ou salés) ; l'habillement (laine, lin, fourrures, cuirs, peaux, produits tinctoriaux) ; la construction (pierres et bois d'oeuvre) ; les transports terrestres (chevaux) et maritimes (goudrons, cordages, toiles à voile) ; l'éclairage (cire) ; la métallurgie (métaux en lingots, armes, orfèvrerie) ; la céramique et la verrerie. Les marchands ont fondé des comptoirs commerciaux partout dans le monde, le commerce transocéanique créant les fortunes des commerçants les plus ambitieux. Le commerce en Empire est dominé par les marchands valentins, les maîtres de l'import-export. Dans les mers du Nord les échanges sont très intenses depuis la fin de l'ère vikings ; on s'y échange des harengs, du blé, des fourrures, de la cire, de l'ambre et du miel. Des Etats Croisés et d'Insanlar arrivent les épices, les soieries, les tapies, les teintures, l'opium et l'or que les Valentins échangent contre du bois, du fer, du blé, de l'huile et du vin qui manquent à l'Ouest. Les Valentins se chargent de transporter les marchandises précieuses dans tout l'Empire pour les échanger. Ainsi, il rejoignent la Cahogne pour échanger leurs produits contre les biens proposés par les Dremmens, comme les peaux et le bois précieux. Depuis peu, ils subissent la concurrence des Calaves et de la Hanse.
Les anciens divisaient le monde en 3 continent: à L'Ouest la Ditique, à l'Est l'Anatolique, au Sud l'Austrasique. L'Isthme, coeur de l'Ancien Empire, est considéré comme le centre du monde qui rejoint la Ditique de l'Anatolique. Les Manns ont plus ou moins reprit cette division du monde. ► L'Ostromanie et la Wisimanie Lorsque les Manns déferlèrent sur les terres de l'Ancien Empire ils se divisèrent en deux groupes : les Wisimans occupant l'Ouest, les Ostromans s'établissant dans les provinces Est. Les Ostromans, les Manns d'orient, étaient composés par 5 principales tribus : les Gallancs, les Cahons, les Vauriens, les Vindiques et les Crissons. Pendant longtemps, les Gallancs ont dominé les autres tribus et les empereurs étaient choisis parmi eux jusqu'à récemment avec l'élection du calave Manoel Prado. L'Ostromanie constitue encore aujourd'hui le coeur de l'Empire. C'est un pays très morcelé, divisé en plus d'une cinquantaine d'états de taille très variable. C'est une région au climat tempéré, aux hivers durs et à l'été doux. Le paysage est marqué par le bassin de l'Ebb, plus grand fleuve de l'Empire, qui draine de nombreux cours d'eau jusqu'à lui qui dessinent des vallées dans les grandes plaines. Tout le Sud de l'Ostromanie, est bordé par la chaîne de la Cordillère. C'est une zone très urbanisée, avec un important réseau routier et de nombreuses grandes villes. Depuis l'invasion, Wisimans et Ostromans sont des frères ennemis, des peuples cousins opposés par une très forte rivalité. Les Wisimans, ou Manns d'occident, se targuent d'être les gardiens de la culture Mann ancestrale, reprochant à leurs frères d'Orient d'avoir un peu trop adopté celle de l'Ancien Empire, et à l'inverse, les Ostromans méprisant le manque d'évolution des Wisimans restés selon eux dans la barbarie. En raison de cette rivalité, les Wisimans n'ont jamais vraiment été soumis à l'Empereur Ostroman. C'est en réaction aux prétentions impériales à les dominer que les Wisimans ont commencé à construire une sorte de conscience nationale, effaçant les disparités tribales pour former un peuple uni (ce que les Ostromans n'ont jamais été capables de faire). C'est cette conscience qui permit aux Wisimans de se doter d'un roi lors du Grand Interrègne, marquant leur distance avec l'Empire. Officiellement, les Wisimans font toujours parti de l'Empire, mais dans les faits ils sont indépendants. Depuis longtemps le roi ou ses représentants ne participent plus aux séances du Sénat et le monarque n'a jamais revendiquer la couronne impériale. Lors du Petit Interrègne, l'indépendance des Wisimans s'est affirmée un peu plus, notamment lorsque le roi se déclara "empereur en son royaume", écartant toute ingérence impériale. La roi de Wisimanie a réussi là où l'Empereur a échoué : créer un état cohérent et centralisé. La Wisimanie est un pays majoritairement montagneux fait de grands plateaux fertiles. Lindholm est devenue la résidence des rois et l'une des plus grandes cités de l'Empire, avec près de 100 000 habitants. Longtemps l'Ouest du pays a été sous la menace constante des hordes Kichiques, mais ces derniers siècles les rapports de force ont changé, permettant au Roi de dominer les hordes. La conversion des Kichiques au triaphysisme est devenus un enjeu majeur du roi, qui subit la concurrence des Sanlars dans ce domaine. ► La Valentine La Valentine est une péninsule située au Sud-Est de l'Empire, séparée du reste du continent par la Cordillère. Après la révolution communale du XIème siècle, la Valentine est devenue un pays très urbanisé, avec plusieurs grandes villes dépassant les 50 000 habitants, possédant leur propre gouvernement autonome et formant de véritable cités-états concurrentes. Grâce au talent de son peuple, elle est rapidement devenue un pôle commercial et financier important, avec ses riches républiques marchandes contrôlant les trafics des épices et de la soie, et ses corporations banquières, usuriers des plus grands princes du monde. C'est aussi un pays de culture, le berceau d'une révolution culturelle amorçant un renouveau du dessin, de la peinture et de la sculpture appelée Palengenesi. Comme les banquiers et les marchands, les artistes Valentins sont très appréciés à travers le monde. Après s'être émancipée de la tutelle de l'Empereur lors du Grand Interrègne, la Valentine s'est divisée en plusieurs principautés rivales. Certaines forment des républiques ne couvrant que le territoire d'une ville et sa campagne ; d'autres, plus vastes, sont de puissants états féodaux bien administrés. Longtemps les Empereurs ont rêvé de recouvrer leur autorité sur la péninsule, mais après l'échec de la campagne de l'Empereur Cornelio-Duarte en 1275, la Valentine semble avoir acquis pour de bon son indépendance. ► La Calave La Calave est un pays situé sur l'Ouest de la chaîne de la Cordillère. Essentiellement montagneux, son peuple est rejeté sur une fine bande de terre prise en étau entre les montagnes et la mer. Les Calaves se sont rapidement orientés vers les activités maritimes. C'est un peuple de marins, de navigateurs et de pêcheurs. La plupart des innovations de la marine viennent de Calave, comme la boussoles ou l'astrolabe. Les Calaves sont connus pour être tolérant et curieux, ouvert sur le monde et doté d'un esprit inventif. Longtemps ils ont subit la comparaison avec les Valentins qui, plus favorisés par leur environnement, les ont dominé sur les mers pendant des années. Mais petit à petit, les Calaves refont leur retard : les villes calaves commencent à rivaliser avec les républiques marchandes valentines et l'art calave, énergique et coloré, supplante les artistes valentins dans certaines cours de l'Empire. Peuple en retrait dans l'histoire de l'Empire, les Calaves ont prit de l'importance avec l'élection de Manoel Prado puis de son petit-fils Cornelio-Duarte. ► La Vulgarie La Vulgarie désigne le territoire habité par les "vulgaires", les barbares païens au delà de la frontière Est de l'Empire. Ils sont divisés en tribus primitives sédentarisés ou semi-nomades. On en compte 7 : les Dremmens, les Bugamens, les Eskanides, les Civelnes, les Pévettes, les Rupèches et les Rux. Seuls les Dremmens sont réunis dans un état cohérent, le Royaume d'Estovie. Proches de la frontière impériale, ce sont les mieux connus des impériaux. En ??, le chef de guerre Dremmen Bogdanil accepte de se convertir au triaphysisme et reçoit des mains de l'Archevêque de Vendaume la couronne royale. Il fonde le royaume d'Estovie et devient un client de l'Empereur. Toutefois, malgré les conversions de masse organisées par le roi, la majorité des Dremmens restent païens et rejettent la vraie religion. ► Les pays Norges Situé sur les terres au delà de la Mer d'Adrian, les pays Norges sont des pays froids et très montagneux. Ils étaient autrefois le lieu de départ des raids vikings qui sévissaient sur les côtes de l'Empire. Aujourd'hui les rapports entre les Norges et l'Empire se sont pacifiés. Ils sont devenus avant tous des partenaires commerciaux et des mercenaires engagés par les princes. Les Norges ont eu une forte influence sur le Nord de l'Empire par la constitution du Royaume de Tancardie par le chef viking Tancrède lors du Grand Interrègne. En 1149, l'Empereur Lothar II proposa au roi viking son intégration à l'Empire et un titre de prince-électeur en échange de sa conversion et de l'arrêt des pillages. ► La Ponantique et les états croisés Autrefois l'une des plus riches provinces de l'Ancien Empire, la chute de ce dernier après l'invasion Manns a entraîné la formation de différentes principautés sous l'égide d'anciens généraux. Longtemps dernier bastion de la culture impériale, les différents états ont peu à peu constitué une culture originale tout en se revendiquant de l'Empire dont le souvenir resta très vivace pendant des années. A la fin du XIème siècle, la Ponantique subit les invasions des Sanlars, peuple de bédouin récemment uni par une religion unique. En quelques années, la Ponantique est totalement conquise et les Sanlars menacent la Wisimanie qui est forcée d'organiser elle-même sa défense en l'absence d'Empereur sur le trône. Les Wisimans stoppent l'avancée Sanlar, mais ces derniers s'installent durablement en Ponantique, transformant radicalement le paysage culturel de la région. En 1150, craignant la conversion des populations triaphysite de Ponantique, le Triarque lance un appel à la Croisade pour recouvrer les anciennes provinces qui appartenaient à l'Ancien Empire. L'expédition, mené notamment par plusieurs chevaliers Cahon, est un relative succès et libère les côtes. Depuis, la région est partagée entre l'influence croisé et l'influence Sanlar qui forment différentes principautés et émirats. Toutefois, la présence croisé est très précaire et est sans cesse remise en cause par la poussée des Sanlars. Seule la division politique de ces derniers offre un sursis aux états croisés, mais si les infidèles parvenaient à s'unir il en serait fini de la présence triaphysite.   La Ponantique est formée d'une bande de terre verticale bordée à l'Est par la mer et à l'Ouest par les montagnes. La population se regroupe principalement le long des côtes et dans la vallée centrale dessinée par le Rehan. Le lac Chahine forme presque une mer intérieur. La Ponantique est un pays au climat chaud et sec, avec des étés très lourds et des hivers très doux. ► L'Insanlar et l'Hyperponant L'Insanlar est littéralement la "terre des Sanlars", c'est à dire la territoire occupé et dominé par les Sanlars. Autrefois, l'Insanlar formait un vaste empire sous le joug du Malik-al-muluk, le roi des rois ; mais aujourd'hui, si ce personnage n'a pas disparu, il a perdu toute autorité temporelle sur les différents émirats du pays pour ne devenir qu'un prince spirituel aux pouvoirs honorifiques. La réalité du pouvoir est détenu par les sultans, les émirs et les atabegs, qui passent leur temps à se faire la guerre. L'Insanlar à proprement dit, désigne la terre d'origine des Sanlars, qui se confond avec les régions désertiques de l'Hyperponant. Avant l'an 1000, les Sanlars étaient un peuple de pasteurs divisés en diverses tribus soumises aux khans Kichiques. Mais l'apparition de Zénobar, prédicateur qui réforma la vieille religion chamanique réveilla les consciences du peuple. La Jaddadislah, c'est à dire la "nouvelle réforme", se diffusa chez les Sanlars et c'est unis par une même religion bien organisée qu'ils purent conquérir leur indépendance et s'étendre dans un vaste empire. A l'Est, seul la victoire des Wisimans mis fin à leur progression. ► Les steppes occidentales L'Ouest du monde connue est caractérisé par les grandes steppes où vivent des tribus barbares nomades : les Kichiques, les Batangues, les Hûrques ou encore les Orophontes. Les habitants des steppes sont reconnaissables par leurs yeux noirs en amendes et leurs visages ronds ; ce sont de courageux cavaliers, s'exerçant toute leur vie à monter à cheval, capable de tirer à l'arc en plein galop. Au cours du VIIIème siècle, les Kichiques rassemblent les diverses tribus nomades pour former la Grande Horde sous l'autorité du Khagan, et partent conquérir les restes de l'Ancien Empire. Seul l'intervention de Godfred le Grand permettra d'endiguer l'avancée Kichique et de libérer la Wisimanie. Au cours du Xème siècle, l'Empire Kichique finit par s'étioler pour se diviser en plusieurs khanats rivaux. Depuis, les nomades attendent dans les steppes la venue d'un nouveau conquérant qui pourra les unir à nouveau pour les mener à la conquête du monde. La plupart des Kichiques professent une religion animiste dominée par le culte du vent. Mais de nature ouverte, beaucoup se convertissent à d'autres religions, notamment le triaphysisme et la jaddadislah. La conversion des Kichiques est devenue un enjeu majeur, notamment pour les croisés et les Sanlars qui aimeraient s'en faire des alliés. ► Au delà du monde connu Au delà du monde connu, s'étendent l'Hyperponant à l'Ouest, l'Extrême-Orient à l'Est, et les pays du Sadàn au Sud. Ils constituent des pays secrets, voir mythiques, connus qu'à travers le récit de quelques voyageurs. Ils sont habités par des monstres légendaires et des êtres merveilleux, comme des chevaux à cornes, des buffles ailés ou des vaches jaunes à longs cous. L'Hyperponant est connu à travers le récit fabuleux de Jacques le Navigateur, qui rencontra l'Empereur du Catangue à l'autre bout du monde.